Laurent CroizierMa question porte sur un sujet que vous connaissez bien, monsieur le ministre. Je souhaite attirer l'attention du gouvernement sur les conséquences du désengagement des assureurs, qui refusent de couvrir en responsabilité civile les Epage – établissements publics d'aménagement et de gestion de l'eau – au titre de leurs missions de gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations. Cette situation conduit à une paralysie de l'action publique, les Epage se trouvant dans l'impossibilité d'exercer sereinement leurs compétences Gemapi, pourtant obligatoires.
Sur mon territoire, l'exemple de l'Epage Haut-Doubs Haute-Loue est particulièrement révélateur. Depuis le 1er janvier 2025, l'Epage poursuit ses missions sans assurance.
Cette situation expose les intercommunalités membres du syndicat, notamment la communauté de communes Loue Lison, à des risques juridiques et financiers majeurs. Les collectivités sont alors contraintes de restreindre les interventions de prévention des inondations, de sécurité des populations et de protection de la ressource en eau au strict nécessaire. Ce cas n'est malheureusement pas isolé. Partout en France, de nombreux autres syndicats rencontrent les mêmes difficultés.
Face à cette impasse, la seule réponse apportée par l'État a consisté à orienter vers le dispositif CollectivAssur. Or celui-ci se contente de renvoyer les Epage vers des assureurs européens qui, la plupart du temps, ne donnent aucune suite.
L'État a transféré la compétence Gemapi. Il ne peut à présent abandonner les collectivités territoriales face à ce risque assurantiel. Ma question est simple : que compte faire le gouvernement, et dans quel délai, pour garantir aux établissements publics porteurs de la compétence Gemapi une assurance couvrant leur responsabilité civile ?