Boris TavernierCet hiver, comme les hivers précédents, des adultes et des enfants sont contraints de dormir à la rue. Sans solution d'hébergement, ils vivent dans des conditions que nous n'osons imaginer.
À Lyon, je pense à toutes ces personnes qui font face au grand froid, car le sans-abrisme prend de multiples formes. En particulier, 150 jeunes survivent depuis plus d'un an dans le jardin des Chartreux, malgré les températures glaciales en hiver et caniculaires en été. Ces conditions sont inhumaines.
Pendant plusieurs semaines, le diocèse en a accueilli une soixantaine à l'église Saint-Polycarpe, mais uniquement la nuit, permettant à certains d'entre eux d'avoir un lieu de répit.
Quand le plan Grand Froid a été déclenché en raison des températures invivables, la métropole de Lyon et la préfecture du Rhône ont ouvert un deuxième gymnase, le 29 décembre. Or ce gymnase n'est qu'une solution temporaire – il devrait d'ailleurs fermer aujourd'hui –, avant que les jeunes ne soient contraints de retourner passer la nuit dehors, sans accès à l'eau chaude, au chauffage, à la protection d'un lieu fermé.
En 2025, la municipalité a consacré près de 3 millions d'euros à l'hébergement d'urgence et à la lutte contre le sans-abrisme. À cette enveloppe s'ajoutent 1,4 million d'euros de subventions versées aux associations agissant dans ce domaine. Réquisition de gymnases, mobilisation de logements vacants, accueil des familles dans des écoles : malgré les risques réglementaires, voilà maintenant six ans que les élus lyonnais sont engagés pour trouver le plus de solutions possible. Par ailleurs, pendant les vacances de Noël et la période de fermeture scolaire, la ville a pris en charge les familles jusque-là hébergées dans ses écoles : 88 personnes sans toit, dont 55 enfants, ont été hébergées à l'hôtel pendant toute la durée des vacances.
Cette mobilisation n'est pas suffisante, pour la simple raison que l'hébergement d'urgence ne fait pas partie des compétences attribuées à la commune. C'est à l'État d'agir.
Pourtant, malgré les alertes répétées depuis un an, aucune solution pérenne et digne n'a été proposée à ce jour, ni pour ces jeunes, ni pour les autres personnes sans-abri, qui survivent tant bien que mal pendant que nous dormons bien au chaud. C'est la raison pour laquelle la collectivité a été contrainte d'engager deux recours indemnitaires contre l'État afin d'obtenir un dédommagement des prises en charge.
Ma question est simple : alors que le groupe Droite républicaine a déposé dans le cadre de sa niche parlementaire un texte pour restreindre l'accès à l'hébergement d'urgence et que le budget est toujours en construction, que prévoit le gouvernement pour ces jeunes qui tentent de survivre chaque nuit dans les rues ?