Constance Le GripSelon l'index que s'apprête à publier pour 2025 l'ONG Portes ouvertes, plus de 380 millions de chrétiens sont encore et toujours exposés à des persécutions qui vont de discriminations, par exemple, à des mises à mort – il est maintenant avéré que la violence constitue la principale composante de ces persécutions.
Elle est particulièrement marquée en Afrique subsaharienne, où se trouvent sept des dix pays les plus meurtriers pour les chrétiens. Au Nigeria, comme le confirmera dans quelques jours la sortie de ce nouvel index, la situation est extrêmement alarmante : tout récemment encore, entre le 28 décembre et le 3 janvier, plusieurs localités y ont été la cible d'attaques répétées de milices armées extrémistes, proches de l'État islamique et de Boko Haram, qui ont causé la mort d'au moins quarante-neuf personnes. Dans cette région déjà très éprouvée, des enlèvements massifs de collégiens, de lycéens endeuillent régulièrement les villages ; bien que des enfants soient de temps en temps libérés, ces faits révèlent la permanence de l'insécurité, de la persécution. Au Soudan, la guerre civile, ravivant l'influence mortifère de groupes islamistes armés, a également conduit à des attaques ciblées de plus en plus violentes : plus de 100 églises ont été endommagées depuis 2023, des quartiers chrétiens entièrement détruits. Le 5 novembre, le ministre des affaires étrangères a déclaré devant la représentation nationale que « ce qui se passe au Soudan nous rappelle les pires heures de la guerre du Darfour ». N'oublions pas la Syrie, où la situation reste très tendue pour les chrétiens et d'autres minorités.
À ces violences s'ajoute un phénomène plus insidieux : la progressive clandestinisation forcée des Églises chrétiennes en Algérie, en Libye, en Afghanistan, en République populaire de Chine, où les lieux de culte sont fermés, la surveillance accrue, où les mesures d'entrave et de répression administrative à l'encontre des chrétiens se multiplient.
Dans ce contexte de plus en plus angoissant, je souhaiterais savoir, qu'il s'agisse de ses relations bilatérales avec un certain nombre d'États, du niveau européen, du niveau multilatéral, quelles initiatives diplomatiques concrètes la France peut promouvoir afin de défendre, conformément à sa mission historique, la liberté de conscience et de culte, de prévenir autant que faire se peut ces persécutions, d'assurer une protection effective des communautés chrétiennes menacées dans le monde.