Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique. Sauvegarder l'anguille européenne tout en assurant la pérennité des pêcheries traditionnelles de Loire-Atlantique est un équilibre complexe et difficile à tenir. Pour ce qui relève de la transparence des données, les chiffres du suivi scientifique du repeuplement sont largement diffusés ; après les opérations de repeuplement, ils sont systématiquement partagés avec les membres des comités de gestion des poissons migrateurs, dont les représentants des pêcheurs font partie intégrante – ces instances constituant le lieu privilégié pour confronter les observations de terrain aux diagnostics officiels et affiner ainsi l'estimation réelle du recrutement.
Au-delà du plan global de gestion, des travaux d'amélioration des séries de données prises en compte pour élaborer les avis scientifiques sont en cours, lesquels associent étroitement les professionnels et l'Office français de la biodiversité. Cette démarche conjointe renforcera la fiabilité des statistiques sur lesquelles reposent les décisions publiques.
La priorité du gouvernement et de la ministre Monique Barbut est de soutenir l'activité des pêcheurs, en assurant la durabilité de l'exploitation des ressources. Force est de constater que le secteur de l'anguille connaît un effondrement critique depuis des décennies : la population a chuté de 90 % en quarante ans et cette espèce est aujourd'hui menacée d'extinction. Une baisse des quotas s'est donc imposée pour les saisons 2025-2026 et 2026-2027, afin de suivre les recommandations de l'avis scientifique.
Nous devons, par priorité, trouver un juste équilibre entre la protection renforcée de l'espèce et le maintien d'un secteur économique très important pour nos territoires, dont celui que vous représentez. Pour accompagner la profession, un plan de sortie de flotte national concernant l'ensemble des pêcheries amphihalines est en discussion, afin d'accompagner au plus juste celles et ceux qui en ont le plus besoin, en tenant compte des niveaux de dépendance économique. Il s'inscrit dans le cadre d'un plan d'action plus global destiné à traiter l'ensemble des facteurs de pression sur l'espèce. Le ministère de la transition écologique demeure mobilisé, en particulier Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche, pour concilier exigence écologique et réalité socio-économique des territoires dans la durée, et pour que l'évolution de ces pratiques traditionnelles bénéficie d'un soutien concret et adapté à chaque situation individuelle.