🤔Accès aux études scientifiques du repeuplement des civelles et des anguillesM. Jean-Michel Brard appelle l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur l'accès et la prise en compte des chiffres du suivi scientifique du repeuplement des civelles et des anguilles en France et notamment en Loire-Atlantique. Il faut tout d'abord rappeler que les efforts des professionnels ont permis de réduire la mortalité par pêche de 53 % depuis la période de référence 2004-2008 en incluant le repeuplement rendu obligatoire par le règlement UE1100/2007. Le rapport d'évaluation des plans de gestion élaboré et approuvé par le Parlement européen en novembre 2023 considère que la pêche a atteint les objectifs qui lui ont été assignés. Pourtant, en décembre 2023, la Commission européenne durcissait sa position vis-à-vis de la pêche en augmentant notamment les contraintes sur les périodes de pêche. Et l'administration de tutelle va plus loin encore en proposant une restriction des périodes de pêche plus forte dans les eaux continentales françaises. En juillet 2025, pour préparer la campagne 2025-2026 de pêche à la civelle, les acteurs socio-économiques ont été sollicités pour donner leur avis. À cette occasion, les professionnels ont exprimé leur regret de ne pas disposer de séries de données actualisées, représentatives de la situation observée dans les estuaires français par la pêcherie professionnelle française pour l'établissement du diagnostic et l'estimation du recrutement. Ils ont fait part de leur désaccord quant à l'absence de différenciation de la destination du prélèvement de civelles : la consommation et le repeuplement sont actuellement intégrés au même titre dans le calcul du taux d'exploitation. Ils considèrent, au contraire, que les civelles prélevées pour le repeuplement ne doivent pas être comptées dans la mortalité. Les restrictions ont des impacts sociaux, économiques et environnementaux lourds. Dans le Pays de Retz, sur le lac de Grand-Lieu, il y avait, à la fin du XIXe siècle, 120 pêcheurs professionnels ; ils ne sont plus que 6 aujourd'hui en activité et leur avenir est incertain. Ils participent pourtant à l'entretien d'un milieu naturel fragile. Aussi, il l'interroge sur la manière dont elle envisage de remédier à l'incertitude statistique sur les stocks d'anguilles. Il souhaite savoir comment le Gouvernement entend répondre au besoin de transparence afin de rassurer le secteur de la pêche et de préserver les pratiques traditionnelles qui ont respecté et observé l'espèce depuis toujours.