Bruno ClavetÀ Lens, dans le Pas-de-Calais, au cœur du bassin minier, des centaines de logements sociaux sont mal isolés, insalubres et souvent rénovés de manière très superficielle dans le cadre de l'Engagement pour le renouveau du bassin minier. Ils sont tout simplement indignes d'un pays développé et d'un État qui prétend lutter contre la précarité – indignes aussi de la condition humaine.
Les murs sont envahis par les champignons, l'humidité suinte, les plafonds moisissent. Des souris et des rats circulent dans les habitations. Des enfants respirent un air vicié, des personnes âgées vivent dans le froid et l'insalubrité. Pour vous montrer cette réalité vécue à Lens, monsieur le ministre, je tiens à votre disposition des photos que je pourrai vous communiquer. Elles attestent des conditions de vie imposées à des foyers de travailleurs, à des familles et à des personnes âgées. Vous y verrez ce qui ne peut plus être ignoré et ce qui est désormais massif – en témoignent les près de 800 dossiers de demandes liées à l'insalubrité que j'ai traités depuis le début de mon mandat en 2024. Vous y verrez surtout le résultat des promesses non tenues, qui ajoutent de la misère à la misère et du désespoir à des vies déjà fragilisées.
Face à cette situation, il ne suffit plus de constater ou de promettre. Il faut agir, imposer des résultats pour garantir aux habitants de Lens, et plus largement du bassin minier, un logement digne et sûr. Ayez donc enfin le courage, monsieur le ministre, d'entamer un bras de fer avec les bailleurs, notamment Maisons & Cités et Pas-de-Calais habitat, afin de leur rappeler qu'ils ont des obligations fondamentales, légales et morales.
Le sujet que je défends devant vous n'est ni de droite ni de gauche. Il ne se réduit pas à une querelle partisane, mais relève de la dignité humaine. Monsieur le ministre, quand cesserez-vous de décevoir, de trahir et d'abandonner ? Combien d'enfants malades, combien de familles humiliées, combien d'années de promesses brisées faudra-t-il encore pour que vous agissiez ? Quand ceux qui gouvernent auront-ils enfin le courage de tenir ces bailleurs sociaux pour responsables et de leur demander de rendre des comptes ? À Lens comme partout ailleurs, la patience a atteint ses limites.