Sébastien HumbertJe souhaite interroger le gouvernement sur le financement – ou plutôt l'absence de financement – de l'assainissement non collectif, et l'alerter sur la nécessité de mettre en place un moratoire sur les amendes infligées par le service public d'assainissement non collectif.
Les opérations de mise aux normes, ainsi que leurs études techniques préalables, sont très coûteuses pour les particuliers et les aides publiques demeurent résiduelles. Les agences de l'eau, financées en partie par les redevances des usagers, abondent parfois des dispositifs et activités bien éloignés de leurs missions initiales, comme la solidarité internationale, mais ne participent que marginalement au financement des dispositifs d'aide à l'assainissement non collectif.
Les usagers n'ont pas à payer avec leur facture d'eau des travaux de modernisation de réseau dans des pays étrangers, quand le coût des travaux d'assainissement non collectif à la campagne, notamment dans l'Est de la France, de 15 000 euros en moyenne, n'est pris en charge qu'à hauteur de 15 %.
Le Spanc qui, en cas de non-conformité, dresse des amendes pouvant être majorées de 400 %, n'alloue pas les sommes collectées à des investissements. Il ne fait que financer des frais de fonctionnement exorbitants, comme c'est le cas du syndicat mixte départemental d'assainissement non collectif des Vosges. Plusieurs communes des Vosges se sont dès lors mobilisées contre les astreintes financières et les coûts occasionnés par la mise aux normes sanitaires de l'assainissement de chaque foyer. C'est notamment le cas à Frenelle-la-Grande, à Senonges et à Bouxurulles, où des pétitions circulent.
Ces dérives financières inacceptables, qui le sont encore plus en cette période de crise économique et de baisse du pouvoir d'achat des Français, doivent cesser. Face à cette situation alarmante, il est urgent de réformer en profondeur le dispositif de vérification des installations d'assainissement non collectif, en supprimant par exemple l'obligation de contrôle des installations anciennes, qui ne sont pas aux normes et qui ont toutes déjà fait l'objet d'un contrôle avant fin 2012, et les astreintes financières inhérentes.
L'obligation d'un contrôle sur les installations d'ANC concernées par une vente immobilière pourrait être maintenue, sans toutefois imposer un délai irréaliste de mise aux normes. En outre, le montant des prêts à taux zéro pourrait être relevé de 10 000 à 15 000 euros, afin de mieux couvrir le coût réel d'une mise aux normes.
Contrairement à ce qu'a indiqué la ministre Gatel en mars dernier, à l'occasion de l'examen du texte visant à assouplir la gestion de la compétence eau et assainissement, la fin des contrôles du Spanc est bien au cœur du sujet.
Je vous demande donc de vous engager solennellement à mettre fin à la politique financière répressive du Spanc, qui constitue une violence sociale inacceptable pour les habitants de territoires ruraux qui ont déjà trop souffert de l'abandon des politiques publiques pendant des décennies. Je vous demande de prendre cet engagement clairement et immédiatement pour mettre fin à ce scandale.