Anna PicLe jeudi 20 novembre 2025, la direction de l'institut national supérieur du professorat et de l'éducation de Caen a annoncé, lors de la réunion du conseil de l'institut, la fermeture du parcours de formation de conseiller principal d'éducation à la rentrée 2026.
Dispensée dans le cadre de la mention « encadrement éducatif » du master « métiers de l'enseignement et de l'éducation », cette formation d'une durée de deux ans vise à préparer les étudiants au concours de recrutement des conseillers principaux d'éducation, ainsi qu'à la préparation de ce métier et à ses spécificités. Présentée comme le fruit d'une négociation et d'une répartition avec l'Inspe de Rouen, la décision de fermeture du parcours CPE à Caen ne sera pas sans conséquences. D'une part, la centralisation de cette formation à Rouen renforcera l'inégalité territoriale et les difficultés financières des étudiants de la Manche ou de l'Orne – lesquels pourraient être amenés à renoncer à cette formation. D'autre part, elle fragilise la situation des personnels impliqués, y compris s'agissant de leur devenir.
Le métier de CPE se caractérise par sa polyvalence – il allie missions administratives, éducatives et relationnelles – ainsi que par son imprévisibilité quotidienne, ce qui le rend à la fois exigeant et enrichissant. Vous le savez, monsieur le ministre, le CPE constitue un rouage essentiel pour l'amélioration du climat scolaire, à l'heure où l'ensemble de la société se préoccupe de l'état du système scolaire français et particulièrement de la santé mentale des adolescents. Nous savons combien les équipes des établissements scolaires ont besoin de CPE alliant autorité, bienveillance et organisation. Or la formation initiale du CPE est indispensable à la prise en main de cette mission.
La fermeture du parcours caennais soulève des interrogations, notamment eu égard à l'histoire de cette formation, dont l'héritage s'illustre par une expertise singulière et des collectifs de travail partageant une identité professionnelle commune. Ce sont autant d'atouts déterminants pour un corps de professionnels régulièrement exposé aux risques psycho-sociaux et qui peut éprouver un fort sentiment d'isolement professionnel dans les établissements.
Monsieur le ministre, nous connaissons une pénurie réelle de CPE et la fermeture d'un parcours de formation ne me paraît pas constituer une solution pertinente afin de la résorber. Avec mes collègues Chantal Jourdan et Arthur Delaporte, dont je sais l'attention qu'ils portent à ce sujet et que je souhaite associer à ma question, nous souhaitons connaître vos intentions pour permettre le maintien du parcours de formation CPE à l'Inspe de Caen.