Romain DaubiéMonsieur le ministre des transports, les habitants de ma circonscription ont la chance de pouvoir se rendre dans la métropole lyonnaise par la ligne Bourg-en-Bresse-Lyon ou par la ligne Ambérieu-en-Bugey-Lyon. C'est sur les dysfonctionnements de cette dernière que porte ma question.
En France, les trains régionaux relèvent de la compétence de la région, qui est l'autorité organisatrice de la mobilité. À ce titre, elle définit l'offre de transports, les niveaux de service et les moyens alloués à l'exploitant, souvent la SNCF. L'État, pour sa part, intervient principalement par l'intermédiaire de SNCF Réseau, responsable des infrastructures ferroviaires.
Pour les usagers, cette organisation est complexe et peu lisible, mais les dysfonctionnements qui en découlent sont très concrets. Pour ceux de la ligne Ambérieu-Lyon, le recours à l'automobile comme solution alternative est compliqué – embouteillages au Nœud des Îles, stationnement hors de prix à Lyon et parfois, du fait des zones à faibles émissions, impossibilité de se rendre à Lyon, dans l'attente du vote définitif du projet de loi de simplification de la vie économique. Vous l'aurez compris : prendre le train n'est pas un confort, mais une nécessité.
Aujourd'hui, on constate des retards fréquents, des suppressions de trains, des rames saturées aux heures de pointe. Bref, le service est imprévisible. En 2025, la situation s'est encore dégradée. Des trains de deux rames sont devenus des trains d'une rame. Le taux de ponctualité de la ligne Ambérieu-Lyon s'élevait à 82,7 % en 2025, ce qui en fait l'une des pires lignes de France. Les conditions de transport sont indignes et les usagers déclarent avoir souvent l'impression de voyager dans une bétaillère. Leurs attentes sont simples : ne plus avoir peur d'arriver en retard au travail – au risque d'être licencié pour retards répétés ; ne pas arriver en retard le soir pour aller chercher ses enfants à l'issue de leurs activités périscolaires – au risque de les récupérer à la mairie ou auprès de la police municipale ; ne pas se réveiller sans savoir si son train arrivera bien – ce matin encore, une personne a témoigné avoir reçu à 5 h 33 un SMS lui indiquant que son train de 5 h 37 serait en retard. Ces difficultés sont connues grâce au travail précieux effectué par l'Adula, l'association de défense des usagers de la ligne Lyon-Ambérieu.
Chacun doit assumer ses responsabilités : la région, SNCF Réseau et l'exploitant. Comment l'État peut-il accompagner plus efficacement la région Auvergne-Rhône-Alpes dans l'exercice de sa compétence relative aux trains régionaux afin d'améliorer la fiabilité de cette ligne ? À votre connaissance, les difficultés actuelles sont-elles principalement liées à un manque d'infrastructures, à des défaillances de l'exploitant ou aux choix d'organisation et d'investissement de la région ? Surtout, quelles perspectives concrètes peuvent être tracées pour les usagers, qui attendent avant tout un service fiable et prévisible ?