Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur. Vous témoignez de situations qui, pour leurs victimes, ressemblent à des parcours du combattant. Leur traitement est l'une des priorités du ministère de l'intérieur.
Je veux ici pointer deux aspects qui me paraissent essentiels. La prévention, d'abord : nos vies sont numériques et le gouvernement met à la disposition des Français des services pour prévenir les risques d'usurpation, notamment le cachet électronique des nouvelles cartes nationales d'identité.
Les équipes du ministère de l'intérieur mènent par ailleurs des actions de sensibilisation auprès des publics, afin de les mettre en garde contre les risques que représente l'usurpation d'identité. Dans les établissements scolaires, les gendarmes ont par exemple délivré 160 000 permis internet à des élèves de CM2 et sensibilisé plus de 250 000 élèves du primaire et du secondaire. Près de 60 000 personnes âgées de plus de 65 ans ont bénéficié d'actions de prévention l'an passé.
Le curatif, ensuite, lorsqu'une usurpation d'identité a malheureusement eu lieu. Le dépôt de plainte doit être le premier acte, qui permet de déclencher les enquêtes judiciaires et les investigations nécessaires. L'attestation de dépôt de plainte permet à la victime de faire valoir ses droits auprès de différents organismes et de prévenir immédiatement tous les établissements bancaires ou financiers de leur situation. Après avoir déposé plainte, la victime peut contester les avis de contravention, sans avance de frais ni perte de points, notamment par voie dématérialisée auprès de l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions.
Depuis octobre 2024, le dépôt de plainte en ligne permet en outre de bloquer l'émission de nouveaux avis de contravention.
Enfin, la création d'un dossier national automatiquement partagé entre administrations, c'est-à-dire un fichier central dédié, doit faire l'objet d'une expertise plus approfondie, à laquelle le ministère de la justice sera associé. En effet, toute diffusion large du statut de victime potentielle d'usurpation d'identité à des acteurs publics et privés peut avoir pour conséquence logique de compliquer les démarches des personnes signalées, dans la mesure où les organismes destinataires de ces informations prendront logiquement à leur tour des mesures de précaution concernant une identité usurpée.