Aurélien TachéJe souhaite vous interroger sur l'expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée. Vous connaissez ce dispositif, créé en 2016 et prolongé par une loi de 2020, dont l'objectif est d'embaucher des personnes privées d'emploi depuis plus d'un an et domiciliées depuis au moins six mois dans le territoire concerné. Grâce à lui, des milliers de personnes sont employées en CDI par des entreprises de l'économie sociale et solidaire, dites entreprises à but d'emploi, les EBE.
À Cergy, dans ma circonscription, l'EBE créée en juin 2024 emploie 32 personnes, 29 équivalents temps plein et 3 encadrants. Ce dispositif, qui fonctionne très bien, a amélioré la santé économique et la vie du quartier, mais les crédits de 66,8 millions d'euros prévus dans la copie initiale du budget 2026 ne suffiraient pas pour continuer à déployer le dispositif et permettre notamment des embauches cette année.
Je voudrais savoir si le gouvernement compte en rester là pour la budgétisation de ce dispositif. Ma collègue écologiste Marie Pochon avait déposé un amendement, qui a été adopté au cours des débats budgétaires, afin d'augmenter d'environ 20 millions la dotation du dispositif, ce qui permettrait à toutes les EBE de l'Hexagone d'assurer les embauches prévues cette année. Cet amendement sera-t-il retenu dans la copie budgétaire finale ?
Monsieur le ministre de l'industrie, j'en profite pour vous interpeller sur la situation de l'entreprise Lisi, dans ma circonscription, à Cergy-Pontoise : elle a annoncé la semaine dernière un plan social de 130 licenciements dans son usine de pièces automobiles, Lisi Automotive, de Puiseux-Pontoise. La direction présentera demain matin aux salariés, réunis en comité social et économique, ce plan social extrêmement violent. On leur a demandé de rester travailler pendant les vacances de Noël et ils l'ont fait. Ils pensaient que c'était pour déployer leur propre site, mais on leur apprend de manière brutale la semaine dernière qu'il va être délocalisé en Hongrie, en Allemagne et au Maroc. Cette entreprise, présente depuis trente-cinq ans sur le territoire, entrée au CAC40, qui fait 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires et 9 % de bénéfices, explique à des gens qui ont pour la plupart plus de vingt ans d'ancienneté qu'ils sont licenciés du jour au lendemain !
Monsieur le ministre, je doute que vous ayez prévu une réponse sur ce sujet, mais je voulais vous en parler et je vous invite à venir avec moi à Puiseux-Pontoise pour voir ce que l'on peut faire. Cette entreprise est un fleuron de l'industrie et nous ne pouvons pas accepter qu'elle soit, de manière aussi brutale, rayée de la carte économique du Val-d'Oise.