Mélanie ThominJe souhaite vous alerter sur la situation rencontrée par l'entreprise finistérienne Cool Roof, actuellement placée en redressement judiciaire. Confronté à de graves difficultés financières, le fondateur de l'entreprise s'est trouvé contraint d'opérer deux plans de licenciement collectif, frappant dix-sept salariés, et doit désormais trouver en urgence des financements afin d'assurer la continuité de son activité.
Implantée au Faou, dans ma circonscription, Cool Roof développe et déploie des solutions innovantes de peintures réflectives écoconçues permettant de réduire significativement les îlots de chaleur, d'améliorer la performance énergétique des bâtiments et de contribuer aux objectifs de décarbonation. Entreprise pionnière de ce secteur en France, elle est reconnue pour son expertise et son innovation, comme en témoignent différentes distinctions, dont sa désignation comme lauréate de la première édition de French Tech 2030 et son prix aux Trophées bretons des transitions.
À la pointe des solutions de cool roofing – toiture fraîche –, elle est également la seule PME de la filière à avoir atteint un niveau de structuration lui permettant d'envisager, à l'avenir, un passage au statut d'ETI – entreprise de taille intermédiaire – et un déploiement à l'échelle européenne. Cool Roof est aujourd'hui placée en redressement judiciaire à la suite d'un effondrement brutal de son marché. En 2025, l'entreprise a subi la défection massive de ses grands donneurs d'ordre, avec une perte estimée à près de 65 % de ses engagements commerciaux et une chute de son chiffre d'affaires prévisionnel de 15 millions d'euros à 2,5 millions. Celui de son secteur a chuté de 70 % entre 2024 et 2025. Cette situation est directement liée aux reculs récents observés à propos du devoir de vigilance et des obligations extrafinancières des entreprises, notamment à travers l'adoption d'un paquet législatif omnibus par le Parlement européen.
Dès les premières prises de position et annonces visant à repousser le délai de mise en application et à alléger le contenu des différents instruments relatifs au devoir de vigilance, de nombreux grands groupes ont suspendu, voire annulé, leurs investissements liés à la décarbonation et aux stratégies RSE – responsabilité sociale des entreprises –, révélant la fragilité d'un modèle reposant sur des obligations aujourd'hui affaiblies. Ce retour de bâton réglementaire fragilise tout un pan du tissu industriel et économique français. Les entreprises dégageant du dividende climat, notamment dans les secteurs du photovoltaïque, de la végétalisation ou du cool roofing, se trouvent lourdement pénalisées. Faute de commandes, de visibilité et de soutien public suffisant, des dizaines d'entre elles, réparties sur l'ensemble du territoire national, sont en danger de cessation d'activité. La transition écologique constitue pourtant une filière à part entière, composée d'entreprises qui créent de l'emploi qualifié, ainsi que des savoir-faire locaux, et développent des solutions opérationnelles, peu coûteuses et immédiatement mobilisables pour lutter contre le réchauffement climatique, notamment via l'adaptation des bâtiments publics, comme les écoles.
Monsieur le ministre, qu'entendez-vous mettre en œuvre pour soutenir concrètement ces entreprises engagées, qui, comme Cool Roof, subissent de plein fouet les effets des reculs à propos du devoir de vigilance et des obligations déclaratives ? Allez-vous saisir les leviers qui sont entre vos mains, notamment BPIFrance, la Caisse des dépôts ou des prises de participation ciblées, afin d'éviter la disparition de fleurons industriels émergents, essentiels à la stratégie de décarbonation, à l'emploi local et à la souveraineté nationale ?