Céline Thiébault-MartinezMonsieur le ministre des transports, j'attire votre attention sur la situation particulièrement dégradée des transports du quotidien dans ma circonscription de Seine-et-Marne, où les habitants dépendent massivement des RER D et E pour se déplacer, travailler et étudier. J'en fais moi-même l'expérience tous les jours : usagère de ces lignes, je subis, comme des centaines de milliers d'habitants de la grande couronne, les conséquences des difficultés qu'elles rencontrent.
Sur la ligne E, les problèmes sont persistants. Si les indicateurs officiels font état d'un taux de régularité élevé, les usagers ont le sentiment d'une ligne devenue imprévisible – trains annulés à la dernière minute, retards fréquents, information insuffisante, jours sans train même en pleine semaine. La situation du RER D n'est pas plus satisfaisante. En août 2025, le taux de ponctualité n'atteignait que 90 % alors que l'objectif était fixé à 92 % et la différence entre la réalité et l'objectif était encore plus marquée entre Lieusaint et Melun. De tels écarts ne paraissent guère élevés, mais sur une ligne qui compte plus de 630 000 voyageurs par jour, quelques points d'écart, ce sont concrètement des trains supprimés, des retards répétés et des milliers d'usagers quotidiennement pénalisés.
Dans des gares comme Tournan-en-Brie, Gretz-Armainvilliers, Pontault-Combault et Combs-la-Ville, sur la ligne D, la colère des usagers est forte face aux conséquences très concrètes de ces dysfonctionnements : absence et retards au travail – qui se comptent parfois en heures ! –, difficultés à faire garder ses enfants, stress permanent et sentiment d'abandon croissant. À ces dysfonctionnements s'ajoutent les choix d'exploitation récents qui aggravent le quotidien des voyageurs. Avec l'arrivée des nouvelles rames du RER NG, un arrêt supplémentaire a été ajouté au Vert de Maisons. Les liaisons semi-directes entre la gare de Lyon et Lieusaint ont été supprimées. Résultat : des temps de trajet pouvant être allongés de dix minutes par jour, une affluence accrue et un profond sentiment d'injustice territoriale chez les habitants de Seine-et-Marne.
De plus, l'offre en soirée reste largement insuffisante. Sur certaines branches, le fait qu'un seul train circule par heure rend tout simplement incompatibles des horaires de travail décalés avec l'usage du RER. Les bus de substitution ne constituent pas une alternative crédible du point de vue du temps de parcours – il est parfois multiplié par deux –, de la fréquence et de la fiabilité. Je vous alerte également sur le sujet de l'accessibilité. Plusieurs gares ne sont toujours pas pleinement accessibles aux personnes en situation de handicap.
Dans ce contexte, l'augmentation du prix du passe Navigo, désormais fixé à près de 91 euros par mois, est vécue comme une injustice. Les usagers ont le sentiment de payer toujours plus cher pour un service toujours moins fiable. J'ajoute qu'aucun dispositif d'indemnisation spécifique n'est prévu en 2026 pour les usagers des RER D et E, contrairement à ceux d'autres lignes.
Quelles mesures concrètes le gouvernement entend-il prendre, en lien avec Île-de-France Mobilités et les opérateurs concernés, pour améliorer durablement la régularité et la fiabilité des RER D et E, proposer une offre adaptée en soirée et pour les horaires décalés, assurer l'accessibilité effective de l'ensemble des gares et faire en sorte que le prix payé par les usagers corresponde enfin à un service public de transport digne, efficace et équitable pour les habitants de la grande couronne ?