Damien GirardDans de nombreuses villes moyennes, la crise du logement s'aggrave. Dans le Morbihan, près de 20 000 demandes de logement social restent insatisfaites en 2025. Des dizaines d'étudiants sont à la rue ou renoncent à leurs études faute de logement. À Larmor-Plage et à Groix, la multiplication des résidences secondaires fait exploser les loyers du parc privé.
Nombre de travailleurs et de travailleuses doivent parcourir chaque jour des dizaines de kilomètres pour trouver un logement abordable, en dehors de la ville. J'ai déjà interrogé le gouvernement sur le réaménagement, piloté par l'Anru, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, du quartier du Bois-du-Château à Lorient, afin que les ménages modestes ne soient pas contraints de quitter la ville.
Les maires sont en première ligne face à la hausse des prix immobiliers et à la prolifération des résidences secondaires et des meublés touristiques. La loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale, dite Airbnb, a renforcé leurs capacités à contrôler et à sanctionner, mais cela reste insuffisant. Les maires se sentent encore trop démunis face aux propriétaires de résidences secondaires, et à ces quartiers qui deviennent des quartiers fantômes, en excluant les classes populaires des centres-villes.
Derrière les chiffres, il y a des vies : Amin, commerçant, vit dans l'arrière-boutique de son épicerie ; Juliette, graphiste, habite dans un camping ; Célia, esthéticienne, David, salarié de la culture, Nolwenn, coiffeuse, ont dû s'installer à trente minutes de Lorient ; Solène, mère célibataire, a dû cohabiter des mois avec son ex-conjoint faute de logement.
Le gouvernement et le législateur doivent donner aux maires les moyens de garantir à chacun le droit de vivre là où il est né, là où il travaille. Des initiatives citoyennes existent, comme le projet d'habitat participatif du collectif Les Toits partagés dans le quartier du Manio à Lorient, accessible à tous et sobre en foncier. Le politique doit les entendre.
Dans l'ensemble des villes moyennes, vous pourriez permettre aux maires de développer à plus large échelle ces dispositifs innovants d'habitat partagé ou de résidences intergénérationnelles ; vous pourriez leur permettre d'encadrer les loyers, d'adapter la fiscalité locale pour cibler les résidences secondaires et les logements vacants.
Comment comptez-vous redonner aux maires la capacité d'agir pour enrayer la crise du logement dans leurs communes ?