Lise MagnierTout d'abord, permettez-moi de saluer l'engagement quotidien et l'immense professionnalisme des policiers nationaux dans la Marne, particulièrement à Châlons, ville préfecture. Leur engagement total est d'autant plus nécessaire que les moyens humains dont dispose le commissariat de Châlons-en-Champagne apparaissent particulièrement contraints.
Depuis plusieurs promotions de gardiens de la paix, aucun renfort significatif n'a été attribué à notre circonscription ; lors de la 276e promotion, le département n'a bénéficié que de trois affectations. Sur les quatre dernières années, la Marne a perdu 19 officiers de police judiciaire – leurs effectifs sont passés de 158 à 139 –, ce qui rend le nombre de dossiers suivis par OPJ particulièrement préoccupant. Ainsi, au 1er janvier 2026, le commissariat de Châlons-en-Champagne compte 9 000 dossiers en attente de traitement, faute d'effectifs. Un enquêteur doit gérer en moyenne 450 dossiers.
Pourtant, vous le savez, nos policiers font preuve d'une grande capacité de travail et d'un grand sérieux, avec notamment une hausse significative des arrestations relatives à la drogue, mais aussi des interventions liées à la prise en charge des victimes de violence. Cette sollicitation accrue des équipes, conjuguée à une organisation rendue plus complexe, réduit de plus en plus les marges de manœuvre pour assurer une présence visible et régulière sur la voie publique. À cela s'ajoute l'absence d'un commissaire de police depuis plusieurs mois – absence que nous avions déjà connue lors de la mutation du précédent commissaire.
Madame la ministre, même si le territoire châlonnais a la chance de connaître une parfaite coordination entre la police nationale et la police municipale, tout comme avec les services préfectoraux ou l'institution judiciaire, il n'en reste pas moins que la situation singulière de Châlons-en-Champagne requiert que vous lui portiez une attention particulière. Tel est l'objet de ma question.