Danièle ObonoLa fermeture définitive du lycée François-Rabelais, le seul établissement secondaire général du 18e arrondissement sur un territoire de près de 200 000 habitants et habitantes, est une décision lourde de sens qui marque une profonde inégalité territoriale scolaire. En février 2020, après la tempête Ciara, ce lycée a été fermé en urgence par la région, alors que des enseignants, des enseignantes et des parents s'étaient déjà mobilisés pour dénoncer la dangerosité des bâtiments.
Le mois suivant, près de 1 200 élèves ont été dispersés dans plusieurs lycées parisiens : les classes générales dans les 17e et 19e arrondissements, les filières technologiques dans les 13e et 19e et les BTS dans les 13e et 14e. Certains et certaines élèves ont dû changer d'établissement et parcourir plus d'une heure et demie chaque jour. Les préfabriqués initialement prévus pour 2020 n'ont été installés qu'en 2021 dans le 17e arrondissement.
L'éclatement du lycée sur plusieurs sites a profondément dégradé le suivi pédagogique, avec la suppression d'options et des difficultés accrues pour les enseignants et les enseignantes à accompagner leurs élèves. C'est une dégradation concrète du service public d'éducation nationale.
Alors même que la région s'était engagée à rénover le lycée, elle a finalement annoncé que ce ne serait pas le cas et que le lycée fermerait définitivement. Cela touche les enseignants et les enseignantes et les élèves et leur famille, qui se retrouvent sans information sur leur affectation pour la rentrée prochaine. Cela affecte le territoire, qui perd son seul lycée général, et cela vient une fois de plus mettre à mal l'enseignement public.
Cette décision s'inscrit dans un contexte plus large de suppression massive de classes à Paris depuis plusieurs années. Pour la rentrée 2025, on a annoncé la suppression de 110 postes de professeurs des écoles et de 92 postes d'enseignants et d'enseignantes en collège et lycée. Le 18e arrondissement est particulièrement concerné par ces fermetures.
Ces choix politiques affaiblissent l'école publique, en particulier dans les quartiers populaires. Pour des élèves déjà soumis à une très forte pression et à une importante charge mentale, liées au parcours de combattant qu'est devenue leur trajectoire scolaire, notamment en raison du tri social et territorial imposé par le système Parcoursup, ces choix ajoutent encore des difficultés.
La fermeture du lycée Rabelais illustre ainsi plus largement la remise en cause de l'accès à l'enseignement général public dans le 18e arrondissement et renforce les inégalités. Dans un territoire déjà marqué par la précarité, priver les élèves de leur lycée, c'est les priver d'accès aux voies de la connaissance et de l'émancipation. Que comptez-vous faire pour maintenir un lycée général public dans le 18e arrondissement de Paris, assurer l'avenir des élèves et garantir l'égalité éducative dans le territoire parisien ?