Monique GrisetiSi Marseille est, hélas, considérée comme la capitale du narcotrafic, je souhaite également attirer votre attention sur un autre phénomène préoccupant : le vol de pièces détachées de véhicules. La voiture est un bien de première nécessité pour une majorité de Français, indispensable à leur activité professionnelle, ou plus généralement dans leur vie quotidienne, familiale. Les voitures sont donc des biens attractifs, y compris pour des individus mal intentionnés : voyant là un moyen de générer du profit, certains endommagent les véhicules d'autrui pour en démonter certaines pièces, si bien qu'un véritable marché parallèle illégal s'est développé, dont le contrôle échappe aux pouvoirs publics.
En 2024, le ministère de l'intérieur a recensé plus de 130 000 vols de véhicules ainsi qu'une hausse de 4 % des vols d'accessoires, portant leur nombre à plus de 96 200. Ces infractions touchent particulièrement les grandes agglomérations comme Marseille, Paris et Lyon, pour un coût estimé à près de 600 millions d'euros. En 2025, les services du ministère ont constaté une légère diminution de ces infractions – mais légère seulement.
Marseille est la ville de France la plus touchée par les vols de pièces automobiles, avec plus de 6 000 faits recensés. Nombre de nos concitoyens subissent les conséquences de l'essor de ce marché illégal. Des particuliers découvrent leur véhicule dépouillé de certains équipements au moment de se rendre au travail ou d'accompagner leurs enfants à l'école. Les professionnels de l'automobile en pâtissent également, car leur image peut être injustement mise en cause lorsqu'ils sont soupçonnés de tirer profit de cette économie souterraine. Le phénomène, devenu quasi quotidien à Marseille, y a également des répercussions économiques majeures : en 2026, la prime moyenne d'assurance automobile atteindra 1 164,26 euros, soit une hausse de 4,78 % par rapport à 2025, faisant de Marseille la ville la plus onéreuse de France pour assurer son véhicule.
Ces vols répétés entretiennent l'insécurité et affectent le portefeuille des Marseillais. Ceux qui profitent du marché souterrain des pièces détachées handicapent les habitants de la ville et les appauvrissent. Quelles mesures concrètes envisagez-vous afin de lutter efficacement contre le marché illégal des pièces automobiles et de garantir à nos concitoyens la sécurité de leurs biens sur le territoire national ?