Claudia RouauxJe souhaite appeler l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur l'importance de suspendre le moratoire qui empêche l'adoption du nouveau schéma d'aménagement et de gestion de l'eau de la Vilaine.
Il y a urgence : 92 % des eaux de son bassin versant sont fortement dégradées, en raison de l'utilisation de produits phytosanitaires. Cette pollution constitue un véritable problème de santé publique.
Le moratoire est un double renoncement : il fragilise la reconquête de la qualité de l'eau et remet en question la gouvernance locale de l'eau.
Pour réviser le Sage, la commission locale de l'eau a mobilisé l'ensemble des acteurs concernés, dans le respect des principes de concertation et de gouvernance prévus par le code de l'environnement : élus, représentants du monde économique – incluant bien entendu le monde agricole –, usagers du tissu associatif et services de l'État. Après quatre années de réflexion et de débat démocratique, le processus arrive à son terme. C'est l'aboutissement d'un travail collectif significatif et d'un compromis exigeant.
Certes, l'interdiction des herbicides sur des parcelles à risque d'érosion dans des aires d'alimentation de captage suscite des inquiétudes de la part des agriculteurs, mais cela ne justifie en rien d'empêcher une réunion de la CLE. Cette interdiction est une nécessité eu égard au diagnostic partagé, y compris par les chambres d'agriculture. Elle ne concerne que 1,5 % de la surface utile agricole du bassin.
Sortir de cette situation de blocage est un impératif. Il importe de mieux informer les agriculteurs concernés et de se remettre autour de la table pour négocier d'éventuels ajustements.
Ainsi, le report de deux ou trois années de la date d'application de la règle de non-utilisation de produits phytosanitaires sur certaines parcelles est peut-être une piste, mais encore faut-il pouvoir se réunir à nouveau pour l'envisager.
J'insiste : protéger et reconquérir la qualité des eaux à l'échelle d'un territoire qui compte 1,3 million d'habitants, à cheval sur la Bretagne et les Pays de la Loire, est une exigence collective. Il y va de la santé humaine.
Quels engagements l'État compte-t-il prendre pour garantir la reprise rapide du processus de révision du Sage de la Vilaine ? Pouvez-vous nous confirmer la contribution financière de l'État aux paiements pour services environnementaux, sachant qu'une somme de 26 millions d'euros a été inscrite dans le Sage ?