Justine GruetMa question s'adresse à M. le ministre délégué chargé de la transition écologique.
Tout au long de l'année, nous recevons par voie postale des dizaines, voire des centaines de rapports d'activité, souvent très épais, parfois de plusieurs centaines de pages, imprimés sur papier glacé et reliés. J'en ai apporté quelques-uns pour que vous constatiez par vous-même qu'ils sont de très bonne qualité. Leur confection, comme leur acheminement, est certainement coûteux.
Dans ma permanence parlementaire, comme ici à l'Assemblée nationale, j'en reçois l'équivalent de plusieurs kilos chaque semaine. Des piles entières de documents, que je vois arriver par cartons, et qui finissent trop souvent à la poubelle. À l'Assemblée, il n'est pas rare que les bacs de déchets soient remplis de ce type de rapports, parfois quelques heures seulement après leur réception.
Ces documents mobilisent beaucoup de ressources : du temps de travail, du papier, de l'encre, de l'énergie, du transport, sans parler des coûts d'impression, d'affranchissement et, ensuite, de traitement des déchets. Et cela concerne aussi bien des organismes publics et parapublics que des entreprises privées.
Lorsque j'étais présidente du conseil d'administration d'un établissement médico-social, la directrice m'alertait déjà sur la nécessité de mobiliser durant un mois une directrice déléguée pour la réalisation – obligatoire – d'un rapport d'activité de 200 pages, que personne manifestement ne prenait le temps de lire.
Ces rapports peuvent être nécessaires mais ne répondent pas à mon sens à leur but premier qui est d'évaluer. Ils mériteraient d'être plus synthétiques, dématérialisés et, tout simplement, utiles. Dans un contexte de sobriété écologique et budgétaire, cette situation est problématique. Elle doit nous amener à nous interroger sur notre empreinte environnementale, mais aussi sur l'utilisation de l'argent public.
Je souhaite donc savoir comment nous pourrions accompagner le gouvernement pour mener une évaluation nationale et mesurer l'ampleur du phénomène : combien de rapports d'activité sont-ils imprimés et envoyés chaque année, quel volume de papier cela représente-t-il, et quel en est le coût global, de la production jusqu'à la gestion des déchets ?
D'autre part, quelles mesures pourrions-nous prendre ensemble pour favoriser, voire imposer lorsque c'est possible, la transmission dématérialisée de ces documents, en ne recourant au papier que lorsqu'il est réellement nécessaire, soit à la demande expresse des destinataires, soit pour des raisons d'accessibilité par exemple ?
Enfin, je m'interroge sur ce mal bien français qui conduit à une suradministration, laquelle est parfois amenée à produire, plus par automatisme que mue par un souci d'efficacité, des documents dont la destinée est malheureusement loin de son objectif initial.