Michel Fournier, ministre délégué chargé de la ruralité. Le GIP Epau a été créé pour conduire, en partenariat avec les collectivités territoriales, les opérateurs de l'État et le monde académique, des démarches d'expérimentation et de prospective utiles aux territoires. Personne ne conteste la qualité scientifique de ses travaux ni l'engagement de ses équipes, mais nous devons regarder lucidement l'organisation de notre ingénierie publique car, depuis plusieurs années, l'État a considérablement renforcé ses outils d'appui aux collectivités – on peut évoquer l'Agence nationale de la cohésion des territoires, la Banque des territoires, le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement, sans compter les dispositifs régionaux et intercommunaux. Cette montée en puissance s'est faite par strates successives. Elle a produit de la richesse mais aussi créé, il faut bien le dire, une certaine dispersion, des chevauchements et, surtout, une complexité parfois peu lisible pour les élus, en particulier des plus petites communes.
Dans le contexte de maîtrise de la dépense publique à laquelle je vous sais sensible, notre responsabilité est double : garantir la continuité des projets engagés et rationaliser notre organisation pour éviter les doublons. C'est le sens de la revue engagée en 2026. Cette année sera consacrée à la bonne fin des programmes en cours. Les plateformes d'observation des projets et stratégies urbaines seront mises en extinction progressive ou reprises par des opérateurs existants lorsque ce sera pertinent. La consultation Quartiers de demain, que vous avez évoquée et dont les lauréats ont été annoncés fin 2025, ira à son terme, avec une capitalisation nationale et un passage de relais vers les collectivités, accompagnées par les services déconcentrés de l'État.
Il ne s'agit pas d'abandonner l'ingénierie territoriale mais de la rendre plus efficace, plus lisible et mieux articulée – vous savez qu'elle est parfois critiquée. L'objectif est de concentrer les moyens publics sur l'appui direct aux territoires, en simplifiant les circuits et en renforçant le rôle des opérateurs déjà installés, plutôt que de multiplier les structures. Le gouvernement veillera donc à ce qu'aucune collectivité engagée dans un programme structurant ne soit laissée sans solution d'accompagnement.