Jean-François PortarrieuUne fois encore, je souhaite attirer l'attention du ministère de l'intérieur sur les conséquences du retrait-gonflement des argiles. L'intensification de ce phénomène, liée au changement climatique, fragilise gravement les habitations et le patrimoine bâti, particulièrement dans le nord de la région toulousaine. De plus, les pluies diluviennes enregistrées la semaine dernière ne peuvent qu'aggraver la situation.
Depuis plusieurs années, je souligne la situation critique d'habitations fragilisées par des murs lézardés, des fondations affaiblies, des planchers fissurés et des réseaux d'assainissement endommagés. Malgré les dégâts constatés et évalués par de nombreuses expertises, des communes demeurent exclues des arrêtés de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, notamment en raison de l'arrêté interministériel du 20 mai 2025.
Au-delà des logements, cette situation fait peser un risque majeur sur le patrimoine architectural et historique local, particulièrement vulnérable aux mouvements des sols argileux. À Mirepoix-sur-Tarn, par exemple, le château des Bourgarels, une maison forte labellisée par l'association Vieilles maisons françaises, présente aujourd'hui des fissures mettant en péril sa conservation, sans possibilité d'indemnisation faute de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. Des édifices communaux et religieux, dont certaines églises de village, sont également concernés, ce qui pose la question de la préservation d'un patrimoine non délocalisable et constitutif de l'identité des territoires.
Si le régime d'indemnisation a récemment évolué, les critères semblent encore inadaptés à la réalité des dégâts constatés. Les sols argileux sont en effet soumis à des cycles répétés de sécheresse et de réhydratation dont les effets sont cumulatifs et souvent différés dans le temps. Face à l'angoisse persistante des habitants, à l'incompréhension des élus locaux et aux menaces pesant sur le patrimoine bâti, je souhaite savoir comment l'État entend mieux prendre en compte les effets cumulés et structurels du retrait-gonflement des argiles, au-delà de la seule année de référence météorologique.
Je souhaite également savoir si une évolution spécifique des critères est envisagée pour les bâtiments anciens et patrimoniaux, dont la vulnérabilité est accrue et dont les coûts de réparation sont particulièrement élevés. Plus largement, quelles garanties concrètes peuvent être apportées aux communes comme aux sinistrés à propos des voies de recours et de l'équité de traitement entre des territoires exposés à des situations de gravité équivalente ?