Mathilde HignetMa question s'adresse au ministre de l'industrie et de l'énergie. Elle concerne le processus de gouvernance des projets miniers en Bretagne.
Le président de la République avait annoncé en 2023 la mise à jour de l'inventaire des ressources minérales du sous-sol français. C'est un inventaire qui s'inscrit dans le cadre des programmes d'exploration prévus par la directive européenne sur les métaux critiques. Dans ce cadre, le Bureau de recherches géologiques et minières a exclu la Bretagne du périmètre géographique de cet inventaire, expliquant que celle-ci ferait l'objet d'une étude dans une deuxième phase.
Ainsi, la région Bretagne, n'ayant pas été intégrée dans cet inventaire, se retrouve à la merci de la société privée Breizh Ressources, à laquelle l'État a lui-même octroyé trois permis exclusifs de recherches minières en 2025, et ce, contre l'avis de la population, d'une partie des mairies concernées et de plusieurs associations expertes en environnement et en santé publique. Ce faisant, l'État donne un blanc-seing à Breizh Ressources, se dédouanant de ses responsabilités qui devraient être de protéger le sous-sol breton des intérêts capitalistes privés. Sans une protection nationale forte, nos ressources seront exposées à une éventuelle revente au plus offrant à l'étranger.
Pour rappel, le sous-sol est un bien commun appartenant à l'État. C'est à ce dernier, via le BRGM, de définir les actions permettant d'améliorer la connaissance de notre sous-sol et non à l'entreprise privée de M. Keith Barron. Dans un processus de gouvernance respectueux de la démocratie, l'État aurait dû attendu les conclusions de l'inventaire du BRGM pour envisager l'octroi des permis, puis y renoncer devant la levée de boucliers des parties prenantes locales.
La question de la souveraineté des populations locales et de leur droit de regard sur leurs terres se pose. Si des consultations publiques ont été menées, dont l'une en pleine campagne électorale, les communes ont simplement été informées par e-mail, sans plus de précision. Par la suite, dix-huit communes concernées sur vingt ont délibéré en défaveur de ce projet. Face à cette anomalie démocratique et à la dangerosité des mines, que répondez-vous ? Pourquoi les permis ont-ils été accordés avant l'inventaire du territoire breton par le BRGM, contre l'avis des parties prenantes locales ?