Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Nous avons discuté de ce dossier complexe et avons tenté, les uns et les autres, de trouver des solutions.
Comme vous l'avez dit, plusieurs entreprises locales du secteur du bâtiment ont participé aux travaux de construction d'un bâtiment destiné à accueillir les services de France Travail à Condom et se retrouvent, à la suite de la faillite du promoteur Essor, confrontées à des impayés.
Tout d'abord, je mesure pleinement la gravité de la situation. Les sommes sont considérables pour de petites entreprises locales – je le regrette profondément. Vous avez discuté avec mon cabinet ainsi qu'avec France Travail dans l'espoir de trouver des solutions.
La situation actuelle est la conséquence de la défaillance du promoteur Essor, qui fait l'objet d'une procédure de redressement judiciaire. Les impayés ont un impact direct – et lourd – sur la trésorerie des PME concernées, qui sont intervenues de bonne foi lors de la réalisation du chantier. Je rappelle au passage que France Travail subit également les conséquences regrettables de la défaillance du promoteur – nous nous retrouvons, nous aussi, du côté des victimes. En effet, le déménagement de l'agence locale ne peut avoir lieu, ce qui crée un certain désordre.
Au-delà de ces dossiers épineux, c'est la politique d'accompagnement des demandeurs d'emploi du territoire qui risque de pâtir de l'absence de locaux adaptés à ses missions.
Dans le cadre des démarches que vous avez accomplies auprès de France Travail, des courriers et plusieurs documents vous ont été adressés, notamment le 2 février. Je pense en particulier à l'analyse de la solvabilité du promoteur réalisée à l'époque – tout semblait alors correct, sans quoi nous n'aurions pas continué à travailler avec lui. Je tiens d'ailleurs à ce que vous disposiez de tous les éléments permettant d'établir que la défaillance dont nous subissons les effets ne résulte pas d'une appréciation erronée, mais bien de facteurs extérieurs. D'autres documents relatifs aux échanges intervenus au stade précontractuel n'ont en revanche pas pu vous être communiqués, étant couverts par le secret des affaires.
En tout état de cause, l'administrateur judiciaire n'a pas pu dégager de solution juridique qui permettrait le règlement des entreprises. Comme vous, je déplore cette situation. Malheureusement, le ministère du travail n'a pas les moyens d'intervenir. Malgré nos recherches, nous n'avons pu élaborer de solution juridiquement solide, comme l'administrateur judiciaire vous l'a confirmé.