David Amiel, ministre délégué chargé de la fonction publique et de la réforme de l'État. Permettez-moi d'abord de démentir un point essentiel : la profession notariale n'est pas rattachée à Bercy. Officiers publics et ministériels, délégataires du service public de la justice, les notaires relèvent de la seule autorité du ministère de la justice et la loi de 2015 n'a pas modifié leur statut.
Seules la fixation et la révision des tarifs réglementés des notaires sont arrêtées conjointement par les ministres chargés de la justice et de l'économie. Cela permet de combiner l'expertise juridique et la connaissance fine de la profession apportées par le ministère de la justice, d'une part, et l'analyse économique de Bercy, d'autre part.
L'évaluation de ces tarifs prend en considération les coûts pertinents du service rendu et une rémunération raisonnable pour le professionnel. Il s'agit d'assurer une péréquation pour l'ensemble des prestations servies, en vue de favoriser l'accès aux prestations, l'installation des professionnels dans l'ensemble du territoire et l'évolution de l'activité économique.
Les révisions tarifaires adoptées devront poursuivre l'objectif de renforcement du maillage territorial des études notariales, notamment dans les zones rurales. Dans le cadre des discussions relatives à la révision tarifaire de 2026, qui devrait être applicable à partir du 28 février, une attention particulière sera également portée aux trois premiers déciles de la profession.
Comme vous, nous sommes parfaitement conscients du rôle central joué par les notaires dans l'accès au droit des justiciables et le maintien d'un maillage territorial suffisamment dense. Les nouvelles missions qui leur ont été confiées – l'enregistrement des conventions de divorce par consentement mutuel, autrefois dévolu à un juge, ou la délivrance des apostilles et des légalisations – témoignent de la confiance du ministère de la justice à leur égard.
La loi de 2015 devait permettre un meilleur maillage territorial, tout en assurant la viabilité économique des offices existants. Une mission d'inspection, commune à l'Inspection générale de la justice et à l'Inspection générale des finances est justement en cours, afin d'en évaluer la réussite. Elle remettra très prochainement son rapport.