Alix FruchonMonsieur le ministre, si des gares dites intermédiaires tiennent, à l'image de celles d'Argenton-sur-Creuse et d'Issoudun, c'est grâce à la pleine mobilisation des citoyens, dont les associations ont reçu le soutien des habitants des territoires concernés et des élus, en particulier des maires et des parlementaires.
Aujourd'hui, les habitants demandent beaucoup d'améliorations sur la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse. Ils constatent la dégradation des infrastructures, une tentative de raréfaction des dessertes, des retards à répétition et un report massif vers la voiture. Cela entraîne une perte de confiance et accentue l'incertitude qui plane sur l'avenir des lignes dites transversales.
Pourtant – c'est bien là le paradoxe –, nous sommes tous profondément attachés à cette ligne. Nous demandons deux choses très simples : un service public ferroviaire fiable, digne et accessible et une vision pour l'avenir. Oui, investir dans le ferroviaire représente un effort important à court terme, comme en témoignent les travaux engagés sur la ligne Polt pour régénérer les voies et renouveler le matériel roulant. Mais refuser cet effort, ce serait renoncer à l'avenir. Investir maintenant de manière bien plus ambitieuse, c'est alléger demain le coût économique, social et environnemental de nos transports.
À cet égard, le projet de loi-cadre présenté le 11 février trace une trajectoire que nous saluons en prévoyant d'orienter à partir de 2032 une grande partie des recettes des concessions autoroutières vers le ferroviaire, afin d'adapter les réseaux et infrastructures au réchauffement climatique.
Mais dans le même temps le gouvernement évoque une priorité accordée aux services express régionaux métropolitains destinés à organiser les transports multimodaux autour des grandes agglomérations. Légitimement, nous craignons d'assister à l'abandon progressif des territoires ruraux et des lignes structurantes qui les desservent.
C'est pourquoi nous demandons le classement de la ligne Polt comme ligne structurante, un plan pluriannuel clair de reconstruction et de développement du réseau, notamment sur des axes de proximité, comme Châteauroux-Tours, le soutien à l'innovation dans le transport ferroviaire ainsi que l'engagement d'une réflexion approfondie sur les pratiques tarifaires. Il s'agit de réaffirmer que le train constitue une solution alternative économiquement attractive face à la voiture : il ne saurait durablement apparaître, sur certaines lignes, comme une solution réservée à quelques-uns.
Au-delà d'une simple question de mobilité, il s'agit d'égalité entre les territoires, d'accès aux services publics, d'attractivité économique, de transition écologique et d'un passeport vers l'épanouissement personnel et communal.