Marie LebecNous sommes très nombreux à être solidaires du petit Elio, âgé de 4 ans, atteint d'une leucémie rare et en attente d'un don de moelle osseuse pour guérir. Ce don, qui se réalise par un simple prélèvement sanguin, ne dure qu'environ deux heures – une durée dérisoire au regard des décennies de vie qu'il offre en retour au receveur.
Cette actualité rappelle l'importance d'informer nos concitoyens sur le plus beau des gestes, celui de sauver une vie par un don, qu'il soit effectué de son vivant ou à la suite de son décès. Par cette interpellation, je souhaite vous alerter sur le nombre encore trop élevé de nos concitoyens qui décèdent chaque année, alors qu'ils sont dans l'attente d'une greffe.
Environ 74 % des Français se déclarent favorables au don d'organes après leur décès. Pourtant, lorsque les volontés du défunt ne sont pas connues et que la famille est sollicitée en plein deuil, le taux de refus atteint encore 37 % en 2025 à l'échelle nationale, et dépasse même les 50 % dans ma région, l'Île-de-France. Cet écart a des conséquences dramatiques : 966 patients sont décédés l'année dernière, alors qu'ils figuraient sur la liste nationale d'attente de greffe.
La plateforme Mon espace santé constitue un formidable outil, par l'intermédiaire duquel les Français pourraient indiquer leur statut de donneur. Les professionnels de santé pourraient ainsi, au moment du constat du décès, connaître directement les volontés exprimées du défunt, sans avoir à questionner la famille, alors en deuil.
Informer nos concitoyens sur le don d'organes tout en leur offrant un moyen simple d'enregistrer leur consentement constitue une politique publique qui ne nécessite pas de modification législative et dont l'impact serait immédiat. Une telle mesure pourrait sauver plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de vies chaque année, en réduisant les refus familiaux et en augmentant le nombre de greffons disponibles.
Je souhaite donc connaître les mesures que le gouvernement compte prendre pour renforcer l'information et la sensibilisation de nos compatriotes aux différents dons, notamment au don d'organes, ainsi que pour promouvoir l'utilisation de Mon espace santé comme vecteur d'expression claire des volontés de chacun.