Naïma Moutchou, ministre des outre-mer. Tout d'abord, je tiens à dire que nous partageons le même objectif : faire de la continuité territoriale une réalité quotidienne pour nos compatriotes ultramarins. J'en fais une priorité de l'action de mon ministère. En 2025, ce sont plus de 79 000 aides qui ont été versées : je pense aux dispositifs en faveur des étudiants, des personnes en formation ou de celles qui souhaitent rejoindre leur famille en Hexagone. Les aides à la continuité territoriale, nous le savons, tissent un lien au-delà des océans, et elles ont pour cette raison été élargies ces dernières années. Aujourd'hui, trois quarts des foyers y sont éligibles dans les Drom – les départements et régions d'outre-mer –, l'aide pouvant aller jusqu'à 100 % du prix des billets longue distance, notamment pour les étudiants.
Pour un candidat ultramarin amené à se déplacer dans l'Hexagone pour passer un concours administratif, la prise en charge des frais repose sur plusieurs dispositifs. Le principal d'entre eux, c'est le passeport mobilité concours délivré par Ladom ; il permet la prise en charge une fois par an, à 100 %, sous condition de ressources, du billet d'avion aller-retour vers l'ensemble de l'Hexagone pour les candidats admissibles à un concours externe de la fonction publique. En 2025, 621 candidats originaires des Drom et de Saint-Martin ont bénéficié de cette aide. En Polynésie, madame la députée, elle est accordée par le haut-commissariat : soixante-sept passeports mobilité ont été délivrés en 2025 après cinquante-cinq en 2024, soit une petite amélioration.
En parallèle, certaines administrations prévoient des remboursements ou des aides spécifiques pour les candidats ultramarins, notamment lors des concours internes. D'autres formes de soutien existent dans le cadre de la préparation aux concours : les candidats inscrits dans des classes préparatoires ou dans des dispositifs d'égalité des chances peuvent bénéficier d'aides ponctuelles pour financer leurs déplacements. Je salue par ailleurs le fait que des collectivités locales proposent des aides à la mobilité, sous la forme de subventions ou de dispositifs spécifiques destinés aux étudiants et aux candidats à des concours.
Néanmoins, comme vous l'avez expliqué, en dépit de l'existence de tous ces dispositifs, une part des dépenses reste souvent à la charge du candidat à un concours externe. C'est notamment le cas des frais d'hébergement, de transport et de repas. Sauf situation très particulière, pas plus que pour les autres candidats, ces frais ne sont pas couverts. Or mon souhait est bien de garantir aux ultramarins des conditions d'accès égal aux concours.
C'est pourquoi, en complément des dispositifs d'aide financière que j'ai énumérés, mon cabinet, en lien avec la direction générale de l'administration et de la fonction publique et dans un objectif d'égalité des chances réelle, travaille sur une évolution des modalités des concours afin de limiter au strict nécessaire les déplacements vers l'Hexagone.