Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur. Je regrette que vous utilisiez ce terme car vous savez qu'il ne correspond en rien à l'état d'esprit du gouvernement.
La loi pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration du 26 janvier 2024, adoptée par l'Assemblée dans sa grande sagesse, transforme l'obligation de moyen – se former – qui pesait sur les personnes qui souhaitent s'installer durablement en France, en une obligation de résultat – acquérir un niveau reconnu de maîtrise de la langue : le niveau A2 tel que le définit le cadre européen commun de référence pour les langues.
En 2024, 70 % des personnes avaient acquis le niveau A1 à la fin du parcours de formation. L'instauration d'une exigence plus forte vise à améliorer l'efficacité de cette formation pour une meilleure intégration. Cela se justifie par une raison très simple : le niveau A2 constitue le seuil minimal à franchir pour accéder à la plupart des formations professionnelles et à l'emploi.
Le ministère de l'intérieur accompagne ces évolutions. Au niveau national, l'offre de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en matière de formation linguistique a été élargie à tous les signataires du CIR qui ne maîtrisent pas le niveau A2. Soixante pour cent des signataires en bénéficient aujourd'hui, contre 45 % auparavant, ce qui représente une augmentation de plus d'un tiers. Les publics les plus fragiles continuent de bénéficier d'une formation en présentiel de 600 heures ou en ligne, sur la plateforme que vous avez mentionnée, pour les plus autonomes d'entre eux. Ce programme de formation bénéficie à 17 % des signataires du CIR.
Au niveau local, le ministère soutient l'apprentissage de la langue par des appels à projets régionaux et départementaux. Ces financements sont particulièrement consacrés aux ateliers sociolinguistiques qui, en 2024, ont bénéficié à plus de 50 000 personnes, pour un financement de près de 10 millions d'euros.
En 2025, les préfets ont également défini le soutien à l'acquisition de la langue française comme une priorité. La conséquence en a été, contrairement à ce que vous avez indiqué, une hausse des moyens alloués aux actions de formation linguistique à hauteur de 14,6 millions d'euros. Un volet linguistique est désormais systématiquement intégré dans les nouveaux contrats territoriaux d'accueil et d'intégration signés avec les collectivités locales. L'objectif du ministère est donc bien d'accroître les financements dédiés à l'apprentissage de la langue. C'est un enjeu important pour les personnes concernées mais également pour la réussite de l'intégration dans notre République.