Ayda HadizadehJ'avais prévu de poser une question sur le projet de loi sur l'aide sociale à l'enfance car il n'était plus prévu qu'il soit examiné. Mais ce matin, bonne nouvelle : la ministre Stéphanie Rist a annoncé sur les ondes que le gouvernement avait changé d'avis et qu'il l'inscrirait finalement l'inscrire à l'ordre du jour. C'est une excellente chose – la mobilisation des députés a dû payer. Nous nous étions émus collectivement de cet abandon, sans aucune justification possible.
La protection de l'enfance est en ruine, qu'il s'agisse des foyers de l'aide sociale à l'enfance, des familles d'accueil, des lieux où les enfants sont accueillis sur les temps scolaire et périscolaire, ou encore d'autres lieux de loisirs ou de sports. Notre société, je le dis ici avec force, ne se donne pas les moyens de protéger ses enfants correctement ! Et c'est une chose très grave parce qu'une société qui ne sait pas protéger ses enfants ne peut pas se construire un avenir. On peut traiter de tous les autres sujets ici, mais si on ne commence pas par la base, l'enfance, sa protection et son épanouissement, nous n'y arriverons pas. Je remercie donc le gouvernement d'avoir changé d'avis.
Les députés ont voté deux propositions de loi à l'unanimité : la mienne, fruit d'un long combat mené par les anciens enfants placés et les avocats pour que chaque enfant placé sous mesure d'assistance éducative soit dorénavant accompagné d'un avocat, adoptée par 269 députés – une seule abstention –, et celle de notre collègue, présidente de la délégation aux droits des enfants, Perrine Goulet, une proposition de loi très complète sur l'intérêt de l'enfant qui prévoit notamment l'instauration d'une ordonnance de protection provisoire.
Ma question est donc celle-ci : le gouvernement va-t-il reprendre dans son projet de loi sur l'aide sociale à l'enfance, apparemment élargi à d'autres sujets relatifs à l'enfance, ces deux propositions de loi sous forme d'articles ? Cela permettrait d'avancer collectivement sans perdre de temps. Car je le redis ici avec force : il y a urgence à agir.