Nathalie CoggiaLa question de ma collègue Julie Delpech vise à appeler l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur l'assurance vieillesse des parents au foyer, un dispositif de solidarité qui permet la validation de trimestres de retraite pour les périodes d'interruption ou de réduction d'activité professionnelle consacrées à l'éducation des enfants. Ce mécanisme, qui s'inscrit parmi les droits familiaux de retraite destinés à compenser les effets sur la carrière des charges parentales, demeure essentiel pour assurer l'égalité de traitement entre les assurés et pour reconnaître l'impact réel de la parentalité sur les trajectoires professionnelles, notamment celles des femmes.
Julie Delpech note toutefois que l'accès à ce dispositif reste conditionné à des critères administratifs qui ne prennent pas pleinement en compte les trajectoires professionnelles contemporaines : les périodes de travail à temps plein dans les mois précédant une naissance, suivies de ralentissements postnataux, ne sont pas nécessairement reconnues comme ouvrant droit à l'AVPF. L'éligibilité à l'AVPF étant établie et son montant calculé sur une période donnée, en général l'année qui précède la naissance, une femme qui a travaillé avant sa grossesse, mais qui a ensuite ralenti son rythme professionnel pour s'occuper de son enfant, n'est donc pas éligible à l'AVPF, alors que son mari, étudiant avant la grossesse, mais qui n'a fait ensuite aucune pause dans sa carrière, sera lui éligible.
Alors que ce dispositif concerne des dizaines de millions de retraités potentiels, dont une large majorité de femmes, quelles mesures entend prendre le gouvernement pour adapter l'assurance vieillesse des parents au foyer à la diversité des situations réelles des parents, afin de mieux assurer sa capacité à compenser les interruptions et les ralentissements d'activité liés à la charge des enfants et à réduire ainsi les inégalités entre les femmes et les hommes dans l'acquisition des droits à la retraite ?