Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche. Le ministre des transports, M. Philippe Tabarot, tient à réaffirmer que la France défendra le maintien de la réservation de pavillon national pour le remorquage intraportuaire dans la procédure lancée par la Commission. Vous l'avez rappelé, cette disposition constitue un acte central pour garantir le respect de notre droit social et pour la sécurité, la sûreté et la continuité des missions essentielles dans les ports. La réservation de pavillon est prévue par le règlement européen sur les services portuaires afin de permettre à l'État membre de garantir l'application de son droit social et de son droit du travail. Cette disposition n'a d'effet utile que si la réservation de pavillon est nationale.
Par ailleurs, les activités de remorquage, comme l'ensemble des services portuaires, répondent à des exigences opérationnelles fortes, en particulier en matière de sécurité, de sûreté et d'assistance dans les ports et les zones industrialo-portuaires, qu'elles soient civiles ou militaires. Dans ce cadre, plusieurs éléments structurants de notre modèle seront pleinement valorisés dans la réponse française aux questions de la Commission européenne, notamment les exigences en matière de sécurité de construction et d'armement des navires de remorquage portuaire, le niveau de contrôle exercé par l'État du pavillon, plus exigeant que celui de l'État du port, et l'usage de la langue française, qui constitue un prérequis essentiel à l'efficacité et à la sécurité des opérations de pilotage, de remorquage et de lamanage. L'argumentaire rappellera également les enjeux de souveraineté attachés à ce segment maritime crucial pour garantir le bon fonctionnement portuaire. Les remorqueurs font partie intégrante de la flotte stratégique et le pavillon français permet à la France de garantir sa capacité de réquisition.
Les autorités françaises disposent d'un délai courant jusqu'au 30 mai pour répondre. Les services du ministère des transports le mettent à profit pour consolider l'argumentaire, en concertation étroite avec l'ensemble de la profession.