Anaïs Belouassa-CherifiPartout dans le pays, le même écho résonne : les paroles de détresse des médecins, des infirmiers et des autres personnels soignants hospitaliers. À bout de nerfs et à bout de forces, ils nous disent qu'ils aiment leur métier, mais que c'est intenable et qu'ils n'en peuvent plus.
Madame la ministre déléguée, les services d'urgences connaissent une saturation majeure. Se faire soigner correctement et rapidement dans les urgences françaises est devenu impossible. Le personnel hospitalier est épuisé et des vies humaines se retrouvent malheureusement hiérarchisées – vous le savez parfaitement. Pourtant, vous ne prenez aucune mesure à la hauteur de la situation.
Le 26 décembre dernier, en plein pic de la grippe hivernale, Mme Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, s'est rendue aux Hospices civils de Lyon pour visiter les services. Alors que les urgences étaient saturées, elle n'a pas pris le temps, ni fait l'effort, de rencontrer les soignants en grève, qui travaillent en service dégradé. Ces femmes et ces hommes alertent pourtant courageusement sur l'état de l'hôpital public.
Dans les hôpitaux Édouard-Herriot, Lyon Sud et de la Croix-Rousse, le manque de soignants et de matériel entraîne des conséquences dramatiques. En octobre, puis en janvier, les organisations syndicales ont déclenché des droits d'alerte face à la surcharge d'activité et à la détresse des agents. Les équipes, épuisées par le manque d'effectifs, peinent à assurer des soins de qualité ; travailler aux urgences est devenu une souffrance.
La situation catastrophique que vous laissez perdurer met en danger à la fois les personnels et les patients. Les soignants dénoncent un mal-être profond lié à des conditions de travail extrêmement pénibles, aggravées par des effectifs insuffisants et des temps de travail qui inquiètent pour la sécurité des patients.
La semaine dernière, une nouvelle grève a débuté aux urgences de la Croix-Rousse, à Lyon, autour d'une revendication simple : le maintien de trois postes – trois postes seulement, pour permettre à un service d'urgences déjà en situation dégradée de continuer à fonctionner !
Ces soignants en grève, présents dans les tribunes, seront-ils enfin entendus ? Allez-vous réinvestir dans l'hôpital public pour que ces professionnels ne souffrent plus et que les patients puissent enfin être accueillis dans des conditions dignes ?