HOSPICES CIVILS DE LYON
Mme la présidente. La parole est à Mme Anaïs Belouassa-Cherifi, pour exposer sa question, no 677, relative aux Hospices civils de Lyon.
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi. Partout dans le pays, le même écho résonne : les paroles de détresse des médecins, des infirmiers et des autres personnels soignants hospitaliers. À bout de nerfs et à bout de forces, ils nous disent qu'ils aiment leur métier, mais que c'est intenable et qu'ils n'en peuvent plus.
Madame la ministre déléguée, les services d'urgences connaissent une saturation majeure. Se faire soigner correctement et rapidement dans les urgences françaises est devenu impossible. Le personnel hospitalier est épuisé et des vies humaines se retrouvent malheureusement hiérarchisées – vous le savez parfaitement. Pourtant, vous ne prenez aucune mesure à la hauteur de la situation.
Le 26 décembre dernier, en plein pic de la grippe hivernale, Mme Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, s'est rendue aux Hospices civils de Lyon (HCL) pour visiter les services. Alors que les urgences étaient saturées, elle n'a pas pris le temps, ni fait l'effort, de rencontrer les soignants en grève, qui travaillent en service dégradé. Ces femmes et ces hommes alertent pourtant courageusement sur l'état de l'hôpital public.
Dans les hôpitaux Édouard-Herriot, Lyon Sud et de la Croix-Rousse, le manque de soignants et de matériel entraîne des conséquences dramatiques. En octobre, puis en janvier, les organisations syndicales ont déclenché des droits d'alerte face à la surcharge d'activité et à la détresse des agents. Les équipes, épuisées par le manque d'effectifs, peinent à assurer des soins de qualité ; travailler aux urgences est devenu une souffrance.
La situation catastrophique que vous laissez perdurer met en danger à la fois les personnels et les patients. Les soignants dénoncent un mal-être profond lié à des conditions de travail extrêmement pénibles, aggravées par des effectifs insuffisants et des temps de travail qui inquiètent pour la sécurité des patients.
La semaine dernière, une nouvelle grève a débuté aux urgences de la Croix-Rousse, à Lyon, autour d'une revendication simple : le maintien de trois postes – trois postes seulement, pour permettre à un service d'urgences déjà en situation dégradée de continuer à fonctionner !
Ces soignants en grève, présents dans les tribunes, seront-ils enfin entendus ? Allez-vous réinvestir dans l'hôpital public pour que ces professionnels ne souffrent plus et que les patients puissent enfin être accueillis dans des conditions dignes ?
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées.
Mme Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Permettez-moi d'excuser la ministre de la santé, qui m'a chargée de vous transmettre ces éléments de réponse. Vous l'interrogez sur la situation des urgences des Hospices civils de Lyon, notamment sur les sites Édouard-Herriot et Lyon Sud, et j'entends que leurs représentants sont présents dans cette salle.
Le ministère de la santé et l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes sont pleinement informés et mobilisés. Chaque année, les services du ministère, en lien avec les ARS, anticipent au mieux les tensions liées aux périodes hivernales et aux épidémies.
Plusieurs leviers sont activés : le renforcement de la prise en charge des soins non programmés par la médecine de ville par le biais du service d'accès aux soins (SAS), incluant dans le Rhône un volet pour la psychiatrie ; la mobilisation d'unités saisonnières pour faire face aux pics d'activité ; l'organisation de la solidarité entre établissements et professionnels de santé de la région.
La ministre de la santé souhaite d'ailleurs aller plus loin pour anticiper davantage ces tensions hivernales et prendre des mesures préventives afin de protéger les équipes des services d'urgences, sans dégrader la prise en charge des patients.
S'agissant plus spécifiquement des mouvements sociaux à Édouard-Herriot et à Lyon Sud, le dialogue est étroit. Lors de sa venue à Lyon, le 6 février, la ministre de la santé a reçu une délégation syndicale en présence des directions des HCL. Ces échanges ont permis d'aboutir à des accords mettant fin au mouvement de grève, avec des avancées concrètes : la création de plus de dix postes de nuit – infirmiers et aides-soignants – ainsi qu'une réorganisation du bureau des admissions. Un accord a également été trouvé à Lyon Sud.
La pédopsychiatrie demeure sous tension dans la métropole de Lyon, en raison des difficultés de recrutement et de l'augmentation des besoins. Dans le cadre de la grande cause nationale, elle constitue une priorité ministérielle. Des actions concrètes ont été mises en œuvre pour mieux repérer, soigner et accompagner, en mobilisant l'ensemble des acteurs hospitaliers et des structures de proximité. Nous poursuivons nos efforts pour améliorer l'accès aux soins, assurer une prise en charge plus précoce et renforcer la coordination des parcours.
Mme la présidente. La parole est à Mme Anaïs Belouassa-Cherifi.
Mme Anaïs Belouassa-Cherifi. J'avais prévu de vous répondre en soulignant à quel point le renoncement aux soins progresse dans notre pays. Tous les services sont saturés – notamment les urgences. La fermeture de lits dans les autres services hospitaliers entraîne des conséquences dramatiques : les patients ne peuvent plus être orientés ailleurs et restent bloqués aux urgences.
Mais je vous lirai simplement le message que les soignants m'ont transmis : les urgences des HCL, comme celles de tous les CHU, agonisent ; grève aux urgences, dangers signalés, files interminables – toute la chaîne hiérarchique est impactée, du Samu aux lits d'aval ; il faut stopper la saignée budgétaire annuelle qui empêche nos institutions publiques d'assurer leurs missions ; les HCL sont le deuxième CHU de France, avec 24 000 agents et, surtout, 272 000 passages aux urgences par an ; donnez-nous les moyens de soigner les gens correctement.