Alexandre SabatouDepuis plusieurs mois, nos compatriotes font face à une hausse brutale et continue des prix à la pompe, qui pèse lourdement sur leur pouvoir d'achat. À Chambly et à Bornel, comme dans d'autres villes de ma circonscription de l'Oise et dans de nombreux autres territoires, se déplacer n'est pas un choix mais une nécessité. Cependant, faire le plein est devenu une contrainte financière majeure pour des millions de Français.
Bien sûr, le contexte international joue un rôle dans cette hausse des prix, mais il ne suffit pas à masquer une réalité bien française : plus de la moitié du prix du carburant est constituée de taxes. La TVA sur le produit, l'accise sur les produits pétroliers, la TVA sur l'accise et les certificats d'économie d'énergie constituent une superposition de prélèvements qui alourdit mécaniquement le prix de chaque litre. Vous m'objecterez que, juridiquement, les certificats d'économie d'énergie ne constituent pas une taxe. Toutefois, économiquement, ils en ont tous les effets.
Ce dispositif impose aux fournisseurs d'énergie de financer des solutions dont le coût est intégralement répercuté sur les consommateurs. La Cour des comptes souligne elle-même que ces certificats s'apparentent à une taxe, sans transparence ni contrôle parlementaire. Or cette quasi-taxe pèse lourd : un surcoût de 15 à 17 centimes par litre de carburant, soit autant de pouvoir d'achat en moins, fixé sans transparence, sans débat et sans vote.
Dans les périodes de hausse des prix, l'État devrait jouer un rôle d'amortisseur contracyclique. Autrement dit, lorsque les prix flambent, il ne devrait pas laisser s'empiler des prélèvements, mais au contraire alléger la charge. À défaut de rendre l'argent, il pourrait au moins cesser d'en prendre davantage. Face à la situation d'urgence créée par la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement compte-t-il rebudgétiser les certificats d'économie d'énergie ?