Josiane CorneloupDans les territoires ruraux, le sport associatif s'impose comme un levier essentiel de cohésion sociale, de santé publique et de vitalité territoriale. Les associations sont de véritables piliers de la vie locale et jouent un rôle majeur dans l'animation des communes rurales, qui représentent près de 60 % du territoire français et accueillent un Français sur trois.
Lors d'un déplacement dans ma circonscription, j'ai rencontré les bénévoles de l'Union athlétique Charolais-Brionnais, qui rassemble plus de 200 licenciés, âgés de 8 à 85 ans. Ce club incarne pleinement ce que le sport a de plus précieux : un lieu de fraternité, de transmission et d'engagement. On y apprend le goût de l'effort, le dépassement de soi, mais aussi le respect de l'autre et l'esprit collectif.
L'Union athlétique Charolais-Brionnais, à l'instar d'autres associations sportives, est également un acteur essentiel de la prévention en matière de santé publique et ce, quel que soit l'âge des personnes qui pratiquent l'une des activités proposées. Les enfants et les adolescents représentent les deux tiers des adhérents. Souvent accaparés par les écrans, les jeunes sont les premières victimes d'une sédentarité préoccupante. Les adolescents passent en moyenne plus de trois heures par jour devant un écran ; près d'un enfant sur cinq est en situation de surpoids ou d'obésité ; plus d'un élève de sixième sur deux est incapable de courir plus de cinq minutes sans s'arrêter. La France se classe ainsi au cent dix-neuvième rang – sur 146 pays – pour le niveau d'activité physique des adolescents. Face à cette réalité alarmante, le sport constitue un levier majeur de prévention, agissant à la fois sur leur santé physique et sur leur équilibre mental.
Le rôle salutaire joué par la pratique d'une activité sportive, même modérée, pour les personnes âgées doit également être souligné, notamment dans le contexte actuel d'explosion des pathologies chroniques. Bouger, marcher, faire des exercices de gymnastique douce : autant d'activités qui présentent de nombreux bienfaits pour les muscles, le cœur, le système cognitif, le mieux-être. Résultat : un meilleur équilibre, moins de chutes, moins d'hospitalisations, une autonomie préservée qui permet de rester vivre à son domicile.
Dans un contexte démographique de vieillissement de la population à un niveau inédit, une politique préventive de santé doit absolument être menée. Elle doit notamment passer par le soutien à tous ces clubs, qui seraient en mesure d'accueillir davantage d'adhérents s'ils avaient les moyens de renforcer leurs effectifs, en s'adjoignant par exemple les services d'éducateurs en activité physique adaptée ou d'éducateurs sportifs spécialisés pour les seniors.
Or ce n'est pas le cas. Les associations sportives, comme l'Union athlétique Charolais-Brionnais, se heurtent à l'impossibilité de recruter des éducateurs, faute de financement. Ces clubs ne tiennent que par l'engagement de bénévoles très motivés, qui ne manquent ni d'énergie ni de volonté. Eu égard aux très nombreux services d'intérêt général rendus par ces associations, il serait légitime que la puissance publique leur apporte un soutien plus important en leur donnant des moyens proportionnels aux bénéfices que la société tout entière retire de leur action.
À l'heure où l'inactivité physique constitue une véritable bombe à retardement sanitaire et sociale, soutenir le sport associatif, en particulier en milieu rural, ne constitue pas une dépense supplémentaire, mais un investissement nécessaire. Madame la ministre, nous disposons des ressources locales pour faire bouger tout le monde et les besoins sont énormes. Quelles mesures le gouvernement entend-il prendre pour accompagner durablement ces clubs et associations, leur permettre de se structurer, de recruter et de se développer, afin qu'ils jouent pleinement leur rôle au service de la santé publique et de la cohésion sociale ?