Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Merci pour cette question relative à l'apprentissage des langues vivantes, et plus généralement au bilinguisme. Cette priorité doit être défendue de la maternelle jusqu'au baccalauréat si l'on veut qu'elle soit pleinement efficace. Tout l'enjeu est d'assurer un certain continuum éducatif permettant de répondre à la demande.
Vous avez cité plusieurs dispositifs, mais permettez-moi de retracer sous cet angle l'ensemble de la scolarité de l'élève. Depuis 2019, les dispositifs existants ont été structurés par le plan Langues vivantes – nous aimons bien les plans à l'éducation nationale, mais, en l'occurrence, l'expression se justifie.
Dès la moyenne section de maternelle, les enfants sont éveillés à la diversité des langues. À l'école élémentaire, les nouveaux programmes publiés en mars 2026 renforcent un enseignement des langues structuré dès le CP, conçu pour s'inscrire dans la durée et se poursuivre naturellement au collège.
En outre, nous avons fait le choix de placer les élèves au contact vivant des langues, le plus souvent possible – le dispositif que vous avez cité en est un exemple. Les assistants de langues, locuteurs natifs, recrutés notamment par France Éducation international, accompagnent les enseignants dans les classes du premier degré. Dans certaines écoles, dès la maternelle ou le cours préparatoire, des matières entières sont enseignées en langue étrangère – c'est le principe du dispositif Emile, mentionné à l'occasion de la question précédente et qui ancre la langue dans une réalité concrète plutôt que dans un exercice formel. Le programme Élysée Prim, né de la coopération franco-allemande, va encore plus loin en proposant dès la maternelle un enseignement en allemand assuré par des professeurs allemands.
Tout cela se poursuit au collège et au lycée. Pour les élèves et les familles qui souhaitent s'engager davantage, les sections internationales, qui concernent plusieurs centaines de classes, offrent un cadre véritablement bilingue, ouvert aux élèves français comme étrangers. Depuis quatre ans, nous conditionnons l'ouverture de ces sections à une politique de mixité sociale : la création de nouvelles sections internationales est réservée soit à des établissements très défavorisés – appartenant essentiellement aux trois déciles les plus défavorisés –, soit à des établissements, publics ou privés, menant une véritable politique de mixité sociale. Cela a eu un effet immédiat : chaque fois que nous ouvrons une section internationale dans un établissement défavorisé, l'IPS augmente dès la rentrée suivante, parce que l'établissement retrouve son attractivité.
C'est par ce continuum entre des dispositifs spécifiques, comme Emile, dans le premier degré, des sections internationales dans le second degré, et une reprise de l'intégralité des programmes de langues du cycle 1 jusqu'au cycle 4, que nous arriverons à cultiver le bilinguisme que nous appelons collectivement de nos vœux, aussi bien en anglais et en allemand que dans d'autres langues.