Marie-Agnès Poussier-WinsbackEn quatre mois, trois de nos systèmes d'information régaliens ont été attaqués, ainsi qu'un opérateur privé, compromettant les données de millions de nos concitoyens.
Cela a commencé, en janvier, par une attaque contre le fichier national des comptes bancaires et assimilés ; attaque suivie en février par une autre attaque contre Cegedim Santé ; en avril, par une attaque contre ÉduConnect ; dernièrement, enfin, par une attaque contre l'Agence nationale des titres sécurisés concernant 11,7 millions de comptes.
Trois de ces quatre attaques ont une même racine : l'usurpation des identifiants d'un agent habilité. La feuille de route de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information du 9 avril 2026 rappelle la persistance de fragilités graves et fixe plusieurs obligations. L'une des plus structurantes est la généralisation, au 31 décembre 2026, de l'authentification multifacteur pour tous les administrateurs. Cette seule mesure aurait permis d'éviter trois des quatre attaques que je viens de mentionner. En juin 2025, la Cour des comptes demandait déjà une programmation budgétaire annuelle pour l'Anssi ; elle demandait également que 10 % au moins du budget informatique de chaque administration soit consacré à la cybersécurité.
Le gouvernement peut-il nous rassurer en attestant que le projet de loi de finances pour 2027 prévoira cette programmation pluriannuelle ainsi qu'un mécanisme garantissant que les administrations atteignent ce seuil de 10 % ?
J'avais par ailleurs proposé au gouvernement la création d'un dossier national partagé entre administrations pour reconnaître les victimes d'usurpation d'identité – un phénomène largement alimenté par toutes ces fuites de données. Le gouvernement m'avait alors indiqué qu'un tel dispositif nécessitait une analyse approfondie – on le comprend bien – entre différents ministères : le ministère de l'intérieur, le ministère de la justice, le ministère de l'économie et des finances.
L'urgence de la situation est évidente. Les données dérobées dans les administrations et le développement de l'IA générative ne font qu'aggraver les risques encourus par nos concitoyens. Pouvez-vous indiquer l'état d'avancement de cette expertise interministérielle ? Dans quels délais pouvons-nous espérer que ses conclusions soient présentées devant la représentation nationale ?