Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Vous alertez la ministre de la santé sur la situation financière du centre hospitalier de Digne-les-Bains, qui cumule un déficit de 40 millions d'euros en 2025, ainsi que 22 millions d'euros de factures impayées. Au-delà de l'enjeu essentiel d'accès aux soins, vous soulignez également les risques qu'une dégradation supplémentaire ferait peser sur l'équilibre économique local.
Je tiens tout d'abord à vous rassurer quant à l'engagement constant de l'État aux côtés de cet établissement. Le centre hospitalier a bénéficié, d'une part, de près de 15 millions d'aides en trésorerie entre 2014 et 2024. Ces soutiens avaient permis d'amorcer un retour à un quasi-équilibre financier en 2019, avant que la crise sanitaire ne vienne fragiliser cette trajectoire. D'autre part, l'établissement a bénéficié d'un accompagnement renforcé dans le cadre de la circulaire relative à l'efficience et à la performance. À ce titre, une aide globale contractualisée de 15 millions sur cinq ans est prévue, dont 4,4 millions ont déjà été versés fin 2025. S'agissant de sa capacité d'investissement, l'État a également été pleinement mobilisé pour garantir une offre de soins de qualité, puisque 20 millions ont été alloués aux locaux des services de psychiatrie, 1 million à la restructuration des soins critiques et 4 millions à la réfection des réseaux et des bâtiments tertiaires.
Toutefois, ces soutiens financiers, indispensables, doivent aussi s'accompagner de réformes structurelles afin d'assurer un redressement durable de l'établissement, donc le paiement de ses fournisseurs. Dans le cadre de la contractualisation relative à l'efficience et à la performance, le centre hospitalier s'est engagé sur une trajectoire visant à obtenir 7 millions de gains d'efficience à l'horizon de cinq ans. Ces efforts reposent à la fois sur une meilleure maîtrise des dépenses, notamment en matière de masse salariale et d'achats, et sur le développement de l'activité. Il est important de souligner que cette démarche est pleinement soutenue par l'État, notamment à travers l'accompagnement de l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux, dont les recommandations viendront utilement appuyer l'établissement dans les prochaines années.