Emmanuel FouquartLe 23 décembre 2025, la Commission européenne, avec le soutien de la France, a décidé d'étendre le mécanisme de compensation des coûts indirects du carbone à de nouveaux secteurs, dont la chimie organique. Cette décision était attendue, car chacun sait que le coût du carbone se répercute directement dans le prix de l'électricité et pénalise lourdement nos industries électro-intensives, déjà exposées à une concurrence internationale féroce.
Mais, une fois encore, la France soutient à Bruxelles ce qu'elle tarde ensuite à appliquer sur son propre territoire. À ce jour, aucune mise en œuvre effective n'a été annoncée, aucun calendrier clair n'a été fixé et aucun engagement budgétaire précis n'a été présenté. Pendant ce temps, plusieurs de nos voisins prennent des mesures puissantes pour réduire le prix de l'électricité supporté par leur industrie et protéger leur compétitivité. L'inertie des autorités françaises est d'autant plus incompréhensible que la situation énergétique se tend de nouveau sous l'effet des conséquences de la guerre au Moyen-Orient, qui accentuent les incertitudes sur les approvisionnements et aggravent encore les coûts supportés par nos industriels. Le résultat est clair : nos entreprises, et en particulier celles de ma circonscription, croulent sous le poids du carbone, de l'énergie chère et de l'inaction publique, tandis que nos concurrents, eux, sont amplement soutenus.
Quand le gouvernement entend-il transposer en droit national l'extension du mécanisme de compensation des coûts indirects du carbone au secteur de la chimie organique, et quels crédits précis compte-t-il mobiliser pour éviter que l'industrie française ne paie, une fois de plus, le prix de son retard ?