Caroline ColombierPour la troisième fois depuis 2023, je reviens sur le doublement de la RN141 entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Roumazières-Loubert. Cet axe, qui constitue une partie essentielle de la route Centre-Europe Atlantique, est un corridor logistique majeur qui relie la façade atlantique et l'Espagne à l'Europe du Nord et de l'Est.
Les travaux sont terminés sur la majeure partie du tronçon, mais un goulet d'étranglement inacceptable persiste : le dernier kilomètre, au niveau du carrefour giratoire de Chasseneuil-sur-Bonnieure, risque de demeurer à deux fois une voie très longtemps. Ce choix concentrerait le trafic des poids lourds, en forte augmentation, et créerait un point noir dangereux pour la sécurité et la fluidité de cet axe routier.
Un besoin de financement complémentaire de près de 40 millions d'euros reste nécessaire dans le cadre du contrat de plan État-région pour achever le passage de l'intégralité de la section en deux fois deux voies. Par ailleurs, la construction de l'aire de repos de Nieuil, indispensable aux professionnels de la route qui ne disposent d'aucune infrastructure adaptée sur plus de 100 kilomètres, est repoussée à après 2030.
Après des décennies de planification, des années de promesses et plusieurs reports, l'État compte-t-il respecter pleinement ses engagements ? Le gouvernement va-t-il mobiliser les crédits nécessaires pour passer toute la portion en deux fois deux voies, sans demi-mesure ni goulet d'étranglement ? Si oui, quel sera le calendrier des travaux ?
Les Charentais ne supportent plus le non-respect répété des engagements de l'exécutif, qui accentue la fracture territoriale entre les zones rurales et le reste du pays. Ils attendent des actes concrets, sur la RN141 comme sur la RN10, sur la ligne de train express régional Angoulême-Limoges comme sur le projet Lichen – Limousin carburant hydrogène et énergies nouvelles –, qui ne pourra se développer sans amélioration des infrastructures routières, électriques et ferroviaires.