Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Je réponds en lieu et place de la ministre de la culture, retenue par ailleurs.
Vous avez raison de souligner l'urgence de la situation. Alors que progressent les fausses informations et que le risque de devenir des déserts informationnels pèse sur certains territoires, la presse nationale est indispensable à la vitalité du débat public et démocratique. Sa fragilisation constitue un important danger démocratique, mais également économique et social. Le secteur de la presse subit un double choc, qui tient à l'effondrement des revenus de l'imprimé et au transfert massif de la valeur publicitaire vers les plateformes numériques. Alors que ces dernières ne produisent pas d'informations fiables et vérifiées, non seulement elles profitent de leur diffusion, mais elles diffusent également des informations, parfois fausses, voire manipulées, qui portent atteinte au débat public.
C'est pourquoi le gouvernement soutient votre proposition de loi visant à renforcer l'effectivité des droits voisins des éditeurs et des agences de presse. Il faut rééquilibrer le rapport de force entre les éditeurs de presse, qui produisent l'information, et les plateformes numériques, qui la diffusent sans nécessairement la rémunérer. Conscient de l'urgence d'agir, le gouvernement a engagé la procédure accélérée sur ce texte le 25 mars 2026.
Il faut à cet égard, monsieur le député, saluer votre action, car c'est votre constance et votre persévérance qui ont permis d'avancer à ce sujet, de rédiger un texte qui tourne – si vous me permettez l'expression – et de l'inscrire à l'ordre du jour du Parlement, avec de bonnes chances qu'il soit adopté avant la fin du quinquennat. L'objectif de ce texte est clair : permettre aux éditeurs et aux agences de presse d'obtenir les informations nécessaires à une négociation équilibrée, notamment en confiant à l'Arcom – Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique – une compétence générale dans la mise en œuvre du droit voisin, pour le faire entrer dans une phase de pleine maturité.
Face à l'intelligence artificielle, notre ligne est la même : ne pas opposer innovation et création, mais garantir la transparence, la négociation et la juste rémunération des contenus utilisés, singulièrement les contenus informationnels.