Édouard Geffray, ministre. Mais je suis heureux de le refaire régulièrement. Depuis le début, je dis que l'évolution démographique constitue une opportunité, en Seine-Saint-Denis comme ailleurs. Elle doit nous permettre de réduire le nombre d'élèves par classe – nous observons d'ailleurs une telle réduction, dans des proportions importantes.
S'agissant du plan de rattrapage, il faut savoir qui ou ce qu'il convient de rattraper. À cet égard, il faut examiner le taux d'encadrement effectif des élèves.
La répartition des moyens ne procède pas d'une logique comptable, mais tient compte des critères territoriaux, sociaux ou encore des temps de transport. C'est vrai dans l'ensemble du territoire national, quel que soit le département et quels que soient les élèves, car l'école républicaine fait attention à tous ses élèves.
En Seine-Saint-Denis, vous savez que les effectifs du premier degré ont diminué de 9 165 élèves au cours des huit dernières années – principalement au cours des trois dernières –, et qu'ils ne cessent de chuter. C'est assez nouveau pour un département qui jusqu'à présent faisait partie des plus dynamiques .
Cela n'a pas empêché les taux d'encadrement de nettement s'améliorer sur la période, passant de 23,7 élèves par classe en moyenne à 19,7, alors que la moyenne nationale est de 21. Il n'y a donc pas lieu de parler de rattrapage par rapport à cette moyenne. Il faut en revanche tenir compte, et je crois que c'est votre propos, de la situation sociale en Seine-Saint-Denis. Tout l'enjeu est évidemment que chaque classe se rapproche de cette moyenne, notamment celles qui seraient surchargées.
Si on regarde le taux d'encadrement dans l'éducation prioritaire – pour des raisons sociales, le département est malheureusement particulièrement concerné –, on tombe tout de même à 17,2 élèves par classe en moyenne. Toutes les classes de grande section de CP et CE1 sont dédoublées et, hors éducation prioritaire, elles sont plafonnées à 24 élèves pour ces niveaux.
À la rentrée 2026, il y aura une nouvelle décrue démographique, soit 3 203 élèves de moins. Si mon ministère avait suivi l'évolution démographique, il aurait donc fallu supprimer quasiment 150 postes Or seulement 67 postes seront concernés – je mets ce « seulement » entre guillemets, j'ai conscience que ce n'est pas rien. Ce ne sont pas 275 fermetures de classe auxquelles s'en ajouteraient 67, mais bien 67 postes en moins dont il faut tenir compte pour déterminer le nombre de classes. Et précisément à cause de ce que vous avez évoqué, nous créons 16 postes supplémentaires pour les Rased – réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté –, et vous savez que c'est un des enjeux majeurs en Seine-Saint-Denis, et 50 postes de remplacement supplémentaires pour consolider la brigade départementale de remplacement, et nous renforçons également les postes de conseil dédiés aux élèves à besoins éducatifs particuliers.
Donc oui, bien sûr, il y a une attention particulière portée à la Seine-Saint-Denis, son taux d'encadrement le démontre.
Oui, l'action en cours se poursuivra.
Oui, nous utiliserons la démographie comme une chance d'améliorer le taux d'encadrement en Seine-Saint-Denis comme dans le reste du territoire national.