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🧭Gouvernement Lecornu II



















Laurent Alexandre

Madame la ministre, il y a urgence pour les hôpitaux ruraux. Dans ma circonscription, le centre hospitalier de Decazeville structure l'offre de soins d'un bassin de vie rural qui compte 30 000 à 40 000 personnes : les autres hôpitaux se trouvent à une heure de route, alors que, si l'on ne veut pas perdre de chance, il importe que le patient soit pris en charge dans les trente minutes. La population de ce territoire est vieillissante, la démographie médicale très tendue, le centre hospitalier essentiel pour travailler de concert avec les médecins de famille. Le bassin de Decazeville étant aussi un centre industriel où s'exercent des activités importantes et à risques, le rétablissement de deux lignes d'urgences en continu pour l'hôpital constitue une question de sécurité des soins mais aussi d'attractivité.

Les équipes du centre hospitalier comme du territoire sont dévouées, exemplaires, des soignants jusqu'aux corps techniques et administratifs ; le nouvel appareil d'imagerie par résonance magnétique constituera un atout supplémentaire. Il faut profiter de cette dynamique pour conforter l'établissement, dont le service des urgences est en grande difficulté. Les personnels et la population sont très inquiets d'une situation dégradée qui se banalise, voire empire. Le service fonctionne régulièrement avec un seul médecin urgentiste : c'est insuffisant pour couvrir sereinement les besoins. Afin d'assurer les sorties de la structure mobile d'urgence et de réanimation et la prise en charge des urgences, la présence d'au moins deux médecins urgentistes en même temps est indispensable.

Vous me répondrez sûrement que le problème est global. Je suis d'accord ; c'est pour cela que mon groupe fait des propositions structurelles. Nous vous avons soumis des budgets alternatifs à ceux du gouvernement, prévoyant de nouvelles ressources : tous refusés. La loi dite Rist du 26 avril 2021 comporte un défaut majeur, celui de plafonner la rémunération des médecins intérimaires dans le public mais non dans le privé, vers lequel une fuite s'est donc produite. Nous vous avons proposé un traitement à égalité : refusé.

Nous vous avons proposé davantage de souplesse, avec une période tampon de trois ans pour que les établissements en difficulté puissent y déroger pour nécessité de service public : refusé. La régulation de l'installation des médecins : refusée par le Sénat. Plus récemment, alors que les besoins en matière de santé sont grandissants, votre gouvernement, dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, a imposé 5 milliards d'euros d'économies avec le soutien des députés de la droite et du PS.

En attendant mieux, puisque votre gouvernement refuse ces réponses structurelles, je vous demande des mesures d'exception afin de permettre à nos urgences de fonctionner dans les meilleures conditions possibles. Des fonds exceptionnels consacrés au maintien de services des urgences de plein exercice pourraient faciliter le recrutement, notamment pour les petites structures hospitalières. Il faudrait également pouvoir, au besoin, réquisitionner des médecins urgentistes disponibles, comme cela se fait pour les gardes des médecins généralistes. Il y a urgence, si je puis dire, pour les urgences de Decazeville et pour de nombreux hôpitaux d'équilibre de notre pays.
Stéphanie Rist,
ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Avant tout, je voudrais saluer l'engagement des équipes du centre hospitalier de Decazeville, qui assurent dans un contexte parfois difficile une mission essentielle au service de la population du bassin. Pour l'avenir de cet hôpital, des investissements significatifs ont été engagés : développement de l'imagerie médicale avec l'installation d'une IRM, reconstruction de l'aile sinistrée par l'incendie de 2022.

L'établissement n'en est pas moins confronté, comme de nombreux hôpitaux, à des tensions importantes concernant le recrutement des médecins urgentistes. Dans ce contexte, l'objectif de disposer durablement, au sein du service des urgences, de deux lignes médicales fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre est bien entendu partagé ; seulement, à ce jour, les tensions en matière de démographie médicale ne permettent pas de l'atteindre.

Notre priorité est claire : la continuité des urgences dans le bassin de Decazeville. C'est le sens de l'organisation actuellement retenue, qui repose sur trois piliers : le maintien vingt-quatre heures sur vingt-quatre de la ligne Smur, indispensable à la prise en charge des urgences vitales ; le renforcement des coopérations médicales au sein du groupement hospitalier de territoire du Rouergue, grâce à la mutualisation des ressources médicales pour améliorer la permanence des soins ; enfin, depuis mars 2025, la régulation de l'accès aux urgences qui permet de prioriser les situations les plus graves et d'orienter les autres patients vers des solutions adaptées.

Au-delà des mots, monsieur le député, des actions concrètes sont engagées : grâce à la fin du numerus clausus, le nombre des internes augmentera de 20 % dès novembre, ce qui signifie, dans quatre ans, à peu près la même croissance du nombre des médecins. Les mesures de limitation de l'intérim ont permis de réorganiser les services des urgences, où un certain nombre de professionnels se sont investis, nous faisant gagner, si j'ose dire, du temps de médecins. Voilà les réponses que je peux vous apporter.
Laurent Alexandre

Madame la ministre, il ne doit pas y avoir de territoire à part dans la République, surtout quand on parle de la santé des personnes. La sécurité sociale a 80 ans cette année, mais en 2026, dans la France d'Emmanuel Macron, tout le monde ne peut pas se soigner !
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