Olivier ServaJe prends la parole au nom de David Habib, qui souhaite interroger le ministre des finances, de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur le blocage des projets d'énergies renouvelables par la saturation du réseau électrique en Nouvelle-Aquitaine et dans les Pyrénées-Atlantiques.
Si la programmation pluriannuelle de l'énergie dévoilée en février 2026 a fixé des objectifs ambitieux – 48 gigawatts d'énergie solaire d'ici à 2030 et jusqu'à 80 gigawatts en 2035 –, sur le terrain, la réalité est tout autre. Dans les Pyrénées-Atlantiques, quarante projets solaires sont à l'arrêt et six postes sources du réseau électrique sont saturés, empêchant toute nouvelle installation dans près de la moitié du département. Loin d'être isolée, cette situation touche d'autres zones de Nouvelle-Aquitaine, où des élus et des investisseurs voient leurs efforts réduits à néant, malgré des années d'engagement.
Comment expliquer qu'une commune comme Labastide-Villefranche, située sur la circonscription de M. Habib, qui a cru en la politique volontariste de l'État, se retrouve dans l'impossibilité de raccorder son projet à un réseau électrique vieillissant et sous-dimensionné ? Comment justifier que des projets agrivoltaïques, des ombrières de parking ou des centrales solaires, promus par des acteurs locaux – y compris de nombreux agriculteurs de sa circonscription – soient bloqués jusqu'en 2028, alors même que la PPE encourage leur développement ?
Si les causes de cette crise – mauvaises anticipations, retards dans la planification et manque d'investissements dans les infrastructures – sont connues, le schéma régional de raccordement patine quand la Nouvelle-Aquitaine a déjà atteint 94 % de ses objectifs 2021 en matière d'énergies renouvelables. Alors que Réseau de transport d'électricité et Enedis alertent depuis des mois sur la saturation des postes sources, pourquoi la PPE 2026 ne prévoit-elle pas de mécanismes d'urgence pour débloquer les projets dans les zones les plus tendues ?
Cette situation est incompréhensible et inacceptable pour les élus, les investisseurs et les citoyens, qui voient leurs efforts pour la transition énergétique sabordés par des infrastructures inadaptées. Sans solution rapide, des milliers d'emplois dans la filière des énergies renouvelables pourraient disparaître, alors même que la France a besoin de relocaliser son industrie. L'urgence climatique et la souveraineté énergétique nous imposent pourtant d'agir sans délai ; chaque jour de retard dans le raccordement des énergies renouvelables est un jour de trop.
Quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour débloquer rapidement les projets aujourd'hui suspendus, notamment dans les Pyrénées-Atlantiques et plus généralement en Nouvelle-Aquitaine, et pour accélérer la modernisation des réseaux électriques en coordination avec RTE et Enedis afin d'éviter que cette situation ne s'étende à d'autres régions ?
La programmation pluriannuelle de l'énergie 2026 fixe un objectif de 48 gigawatts d'énergie solaire d'ici à 2030. Comment garantirez-vous qu'elle résolve la saturation actuelle du réseau dans des départements où même les projets existants ne peuvent plus être raccordés ? Ne serait-il pas urgent de réviser le schéma régional de raccordement et d'accélérer les investissements dans les postes sources pour éviter un gâchis économique et écologique ?
La transition énergétique ne peut pas rester une promesse creuse : elle doit être une réalité pour tous les territoires. Les élus, les entreprises et les citoyens attendent des réponses claires et des actes concrets.