Cyril TribuianiJe souhaite attirer votre attention sur une situation qui inquiète de nombreux artisans coiffeurs dans les Alpes-Maritimes, et plus particulièrement dans ma circonscription : la multiplication rapide des établissements de type barbershop.
À Cagnes-sur-Mer, un coiffeur traditionnel s'est ainsi retrouvé littéralement encerclé par deux salons de barbier, installés de part et d'autre de son commerce. Ce cas local illustre une difficulté beaucoup plus large. Des professionnels formés, qualifiés, installés parfois depuis de nombreuses années, soumis à des charges importantes, à des normes strictes et à des obligations professionnelles précises, voient apparaître autour d'eux une concurrence pratiquant des tarifs très bas, dans des conditions d'exercice qui amènent à s'interroger.
La coiffure est pourtant une activité réglementée. Elle suppose une qualification professionnelle ou tout du moins le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée. Cette exigence protège les clients, garantit un niveau minimal de compétence et assure une concurrence loyale entre professionnels. Encore faut-il qu'elle soit réellement vérifiée sur le terrain.
Il ne s'agit pas de stigmatiser une profession, ni de viser indistinctement tous les salons de barbier. Beaucoup travaillent évidemment dans le respect des règles, mais l'État ne peut pas ignorer les alertes qui remontent du terrain. Le ministère de l'économie a déjà indiqué que des contrôles, notamment dans le cadre des comités opérationnels départementaux antifraude, les Codaf, avaient révélé des pratiques irrégulières dans certains établissements : travail dissimulé, fraude sociale, fraude fiscale et parfois même soupçons de blanchiment.
Dans ces conditions, les artisans qui respectent les règles ont le sentiment d'être les grands oubliés. Ils assument leurs charges, leurs diplômes, leurs obligations, leurs contrôles, pendant que d'autres acteurs peuvent, lorsqu'ils ne respectent pas le cadre légal, casser les prix et déstabiliser tout un tissu commercial de proximité.
Ma question est donc simple : quelles mesures le gouvernement entend-il prendre pour renforcer les contrôles sur ces établissements, vérifier concrètement le respect des obligations de qualification, lutter contre les fraudes éventuelles et protéger les coiffeurs traditionnels d'une concurrence déloyale ?