Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche. Vous attirez notre attention sur l'expérimentation « Mieux reconstruire après inondation », dite Mirapi, lancée par la loi de finances pour 2021 et prolongée jusqu'au 22 septembre 2026 par la loi de finances pour 2024.
Engagée dans trois territoires – les Alpes-Maritimes, les Landes, ainsi que le Pas-de-Calais et le Nord –, elle a permis le financement de plus de 6 500 diagnostics et le subventionnement du renforcement de la résilience de plus de 3 300 biens. Elle a également permis d'identifier les facteurs de réussite nécessaires à la création d'un dispositif de résilience post-crise : une communication importante et coordonnée de tous les acteurs, un accompagnement des personnes sinistrées dans la durée et un levier financier suffisamment incitatif.
Pour autant, cette expérimentation met aussi en avant la nécessité de définir avec attention les taux d'accompagnement pour s'assurer de la soutenabilité d'un tel dispositif dans le cadre d'une éventuelle généralisation à l'ensemble du territoire – le programme Mirapi a mobilisé plus de 30 millions d'euros de crédits budgétaires du programme 181 dans le Pas-de-Calais et le Nord entre 2024 et 2026.
Conformément à la loi de finances qui l'a mise en place, le gouvernement remettra très prochainement au Parlement un bilan de l'expérimentation Mirapi mettant en évidence les facteurs de réussite et les voies d'amélioration du dispositif. Aussi, au regard des éléments qui précèdent, je peux d'ores et déjà vous dire que le gouvernement ne proposera pas de renouveler l'expérimentation à l'identique.
Concernant par ailleurs la protection des habitations, je rappelle que la priorité est donnée aux mesures de protection collective, comme les solutions fondées sur la nature, la désimperméabilisation des sols ou la mise en place de digues. Elles sont souvent plus efficaces sur le plan économique et apportent en général plus de garanties que des travaux menés sur des habitations individuelles. En revanche, lorsque de tels travaux collectifs ne sont pas opportuns, les travaux individuels sur chaque bâtiment peuvent être la bonne réponse.
À ce titre, on peut rappeler qu'il existe actuellement des possibilités d'accompagnement financier pour les travaux individuels de prévention, avec des taux de financement légèrement inférieurs et une portée plus restreinte, dans un souci de soutenabilité budgétaire.