Christine Pirès BeauneIl y a quelques semaines, j'ai reçu le courrier d'une habitante de ma circonscription, agricultrice dans les Combrailles, qui me faisait part de sa surprise en constatant une hausse des cotisations de sa complémentaire santé pour 2026. Vous imaginez aisément la douche froide que ce fut pour elle, comme pour toutes les personnes qui avaient accueilli avec joie l'annonce du gel des cotisations pour cette année, après des années de hausses systématiques.
Cet exemple n'est malheureusement pas isolé. Nombre de mes collègues ont reçu des alertes similaires. Un appel à témoignages conduit par l'association Que choisir ensemble en début d'année révèle que ces hausses sont quasi généralisées : 98,52 % des personnes interrogées déclarent avoir subi une augmentation, d'un montant moyen de 106 euros par an. C'est considérable, surtout lorsqu'on sait que les plus touchés sont ceux qui financent seuls leurs complémentaires santé, sans participation de leur employeur, c'est-à-dire les retraités et les personnes sans emploi.
Au-delà de l'incompréhension, c'est de la colère que ressentent nos concitoyens, car ils constatent que, pour certains, la loi ne s'applique pas. Quel crédit peuvent-ils accorder à nos débats et aux lois que nous votons, quand celles-ci peuvent tout simplement ne pas être appliquées ?
Je tiens à rappeler que les débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ont conduit à instaurer une contribution exceptionnelle des organismes de complémentaire santé, à hauteur de 1,1 milliard d'euros, pour participer au financement de notre système de santé.
Craignant, à raison, que cette contribution ne soit répercutée sur les tarifs des cotisants, le Parlement a souhaité poser des garde-fous, en adoptant ainsi un amendement socialiste qui a permis d'inscrire dans la loi que, pour l'année 2026, le montant de ces cotisations ne pourrait être augmenté par rapport à celui applicable pour l'année 2025. On ne peut pas être plus clair : aucune hausse des cotisations n'était possible en 2026. Et pourtant, cette année, les cotisations de plusieurs milliers, voire millions, de nos concitoyens ont augmenté.
Aussi, madame la ministre, je vous pose une question simple : comment votre gouvernement entend-il faire respecter la loi ?