Philippe Tabarot, ministre des transports. Monsieur le député, on se retrouve souvent sur les questions ferroviaires et, pour répondre directement à votre dernière question, je suis disposé à vous accueillir au ministère, avec Mme Givernet, pour entendre vos propositions. Nous partageons le constat qu'il est indispensable d'investir dans la régénération et la modernisation de notre réseau et d'augmenter à hauteur de 4,5 milliards le niveau d'investissement par le contrat de performance entre l'État et SNCF Réseau. Il manque probablement 1,5 milliard pour ne pas avoir à accumuler de la dette grise, particulièrement difficile à rembourser – on en a parlé tout à l'heure pour le transport fluvial.
Pour des raisons de performance et de sécurité, il faut investir beaucoup plus dans nos infrastructures ferroviaires. Dans cette perspective, je souhaite pouvoir faire inscrire le plus vite possible à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale une loi-cadre puis une loi de programmation. Il semblerait que la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire ait désigné son rapporteur et que la commission des finances soit saisie pour avis de certains articles. Je m'en réjouis et j'espère que nous pourrons discuter de ces sujets soit à la fin de cette session, soit au tout début de la session prochaine.
La ligne nouvelle Sud-Ouest est un des rares sujets ferroviaires sur lequel nous avons une divergence. La LNSO favorisera le désenclavement du grand Sud-Ouest avec des dessertes locales, régionales, nationales et européennes. Ce projet – le premier ministre l'a dit – est devenu irréversible après la signature d'un nouveau protocole qui prévoit la mobilisation par l'État de 410 millions d'euros de 2026 à 2027. Cette enveloppe ne concerne pas la modernisation et la régénération, qui restent des priorités. En parallèle, des études sur la branche vers Dax, qui ont pris du retard, sont prévues. Un éventuel prolongement vers l'Espagne pourra faire l'objet de financements européens.
J'ai lu le rapport du Conseil d'orientation des infrastructures. C'est un rapport de qualité réalisé de manière très indépendante, mais je ne suis pas en phase sur tous les sujets. Ils ont dit ce qu'ils avaient à dire sur le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, mais, comme son nom l'indique, cet organisme oriente. Il revient au gouvernement de décider d'un investissement massif dans ce projet et dans d'autres.