Cyrille Isaac-SibilleLes 1 000 premiers jours constituent une période décisive. C'est à cette période que se forment les capacités de perception, d'apprentissage, et les comportements qui conditionneront le développement de l'enfant tout au long de sa vie, notamment pendant sa scolarité.
L'accompagnement des familles durant cette période est un impératif de santé publique. C'est précisément le rôle des services de protection maternelle et infantile, créés par les ordonnances de 1945.
Leur mission est d'autant plus importante que la France connaît d'importantes difficultés : un enfant sur 250 meurt avant l'âge de 1 an. La mortalité infantile, qui recule chez nos voisins, ne cesse d'augmenter en France. En la matière, le pays se classait parmi les meilleurs – il était troisième –, mais occupe désormais la vingt-quatrième place des pays de l'OCDE.
Dans ce contexte, également marqué par le renoncement de certaines familles au projet parental, notre priorité devrait être de renforcer les dispositifs d'accompagnement plutôt que de disperser les moyens. Or les maisons de 1 000 premiers jours, créées il y a peu suite aux travaux de notre ancien collègue Adrien Taquet, exercent des missions similaires à celles des PMI : promotion de la santé périnatale, entretien périnatal précoce, suivi de grossesse, consultations de prévention en santé, missions d'orientation et d'information. Les PMI, qui souffrent d'un manque chronique de personnel et de financements, disposent déjà des compétences, des professionnels et de la légitimité pour accompagner les familles durant les 1 000 premiers jours.
Dans un contexte budgétaire contraint, ne faudrait-il pas consolider les structures existantes – les PMI, implantées et reconnues – plutôt que d'en créer de nouvelles ? Comment le gouvernement entend-il garantir la complémentarité de deux dispositifs très voisins ? Quelles mesures envisage-t-il pour renforcer les PMI, afin qu'elles puissent pleinement assumer leurs missions auprès des familles ?