Thibault BazinMonsieur le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat, je souhaite vous alerter sur un risque économique majeur pour l'avenir de l'industrie française. Fin 2025, la Commission européenne a décidé d'élargir la liste des secteurs industriels éligibles au mécanisme de compensation des coûts indirects carbone, qui inclut désormais l'industrie verrière. C'est une excellente nouvelle, car ce secteur est particulièrement consommateur d'électricité en raison du fonctionnement continu de fours à très haute température. Plusieurs États membres comme l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie ont déjà engagé la transposition de cette extension, contrairement à la France. Pourquoi, alors que des milliers d'emplois sont en jeu ? L'absence d'application rapide de ce mécanisme en France dans l'industrie verrière pourrait créer un différentiel de compétitivité au sein du marché européen, ce qui fragiliserait des sites industriels implantés sur le territoire national et les emplois qui y sont liés.
Si vous ne transposez pas rapidement l'élargissement du mécanisme de compensation des coûts indirects carbone, les manufactures de ma région pourraient être pénalisées. Je pense en particulier à la manufacture de Baccarat, qui incarne l'excellence artistique et industrielle française. Rendez-vous compte : il s'agit du premier employeur privé de ma circonscription ! L'inaction du gouvernement fragiliserait particulièrement le secteur du cristal, engagé dans une transformation industrielle profonde vers le cristal sans plomb. Cette transformation nécessite des investissements considérables dans les fours à très haute température, indispensables pour la qualité du cristal. Il est donc urgent de transposer en droit français l'extension du mécanisme de compensation des coûts indirects carbone au secteur verrier. Dans quel délai vous engagez-vous à le faire ?